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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 16:45

Il n’y a donc pas que le front social. Emmanuel Macron doit affronter, aussi, les élus locaux de tout poil pas contents. Des maires du Massif central refusent de le rencontrer et appellent à décrocher son portrait. Des responsables régionaux sortent de la conférence des territoires. La ministre déléguée est sifflée lors d’une convention. Et l’immense François Baroin bombe sa puissante poitrine, dans le Journal du Dimanche, et « tire la sonnette d’alarme ».

Le problème ? Les économies. Le raisonnement ? Il faut faire des économies, la France en a besoin. C’est sûr. Mais pas chez moi. Comprenez : moi, élu local, je ne peux pas. Ce que je fais est absolument fondamental. Macron, la République, Paris, ne venez pas piétiner mes plates-bandes, ou la gironde se dressera.

En France, on ne peut pas faire du social sans dépenser plus. En France, on ne peut pas faire de la politique territoriale sans dépenser plus. Emmanuel Macron qui veut remettre la France dans les clous de toutes les autres nations européennes est donc qualifié in petto de Président des riches et de jacobin insensible. Banquier, il méprise les pauvres, forcément ; inspecteur des finances, il dédaigne les provinciaux, forcément.

On peut trouver cocasse, en vérité honteux, que des élus de droite se mobilisent pour défendre bec et ongles des dépenses publiques et les emplois aidés

Si la France est en échec sur les plans sociaux et territoriaux, la cause en est connue. Toujours et partout la même : la faute aux moyens qui manquent, à la rigueur, aux dépenses que l’on a trop coupées. La cause du mal français n’est jamais ces politiques publiques en question, archaïques, mal positionnées, ne correspondant plus aux besoins et aux souffrances d’aujourd’hui. Encore moins à cet excès de poids du domaine public à tous les niveaux. Non. Le manque de moyens ! Ces funestes économies décrétées à Bruxelles et à Bercy, qui répandent le malheur. Dès lors, que l’on puisse essayer de faire une bien meilleure action sociale en transformant les politiques publiques et en dépensant moins ne vient pas à l’esprit. Dès lors que l’on puisse repenser le développement des territoires autrement que par le fisc et la subvention n’est pas admis.

Maquis des responsabilités. Le plus singulier dans la guerre entre Macron et les édiles est que la bataille budgétaire est incompréhensible. Le maquis des responsabilités et des financements est tel que les deux camps affirment le contraire et qu’on s’y perd. Gérald Darmanin, dans le même JDD, expose que 2018 sera « le budget le plus favorable aux collectivités locales depuis dix ans. Dans le quinquennat précédent, on leur avait enlevé 10 milliards d’euros. En 2018, nous augmentons les dotations de près de 400 millions ». Mais les élus hurlent sur les APL, les emplois aidés, la suppression d’un fonds de 450 millions, la fin de la taxe d’habitation, et, monstruosité des monstruosités, la demande que leur adresse le président de la République de trouver 13 milliards d’économies sur le quinquennat : 13, le chiffre du diable.

On peut trouver cocasse, en vérité honteux, que des élus de droite se mobilisent pour défendre bec et ongles des dépenses publiques et les emplois aidés. Emmanuel Macron fait ce qu’ils n’ont jamais eu le courage de faire. Mais l’essentiel est que la volonté de réformes et d’économies butte, ici encore, sur l’enracinement si profond et si ancien de la cécité et de l’immobilisme. Il y a en France trop de communes, trop de regroupements de communes, trop de départements, trop de régions et on y ajoute des métropoles.

Du coup il y a beaucoup trop d’élus, de responsabilités partagées, diluées, opaques. La décentralisation, nécessaire, a été faite depuis les années 1980 « à la française » : créer des administrations nouvelles sans jamais supprimer les anciennes, ou pire en vérité, sans jamais complètement transférer les responsabilités, provoquant des doublons, des conflits, et, in fine, des fonctionnaires en plus.

 

 

 

Les effectifs des collectivités locales ont été multipliés par 2,5 depuis vingt ans. Les villes ne savent même plus en calculer le nombre exact. Les horaires sont scandaleusement inférieurs à toutes les autres activités

C’est tout cela que François Hollande aurait dû remettre à plat. Mais élu local lui-même, venant d’un parti qui a camouflé sa vacuité intellectuelle toujours plus grande par une présence territoriale toujours plus vaste, il n’a fait que compliquer l’écheveau.

La France territoriale est très mal gérée. La Cour des comptes ne cesse de le démontrer. Les recrutements de personnels sont l’illustration de cette inefficacité. Les effectifs des collectivités locales ont été multipliés par 2,5 depuis vingt ans. Les villes ne savent même plus en calculer le nombre exact. Les horaires sont scandaleusement inférieurs à toutes les autres activités. L’absentéisme supérieur. Et les politiques d’avancement dans les échelons scandaleusement laxistes. Les investissements, note la Cour, dépendent « du cycle des élections », doux euphémisme qui signifie que le but est d’être réélu.

Maires admirables. Il faut dresser un portrait équitable. Etre maire reste admirable. La plupart des élus se dévouent à la cause publique, ils sont mal payés et ils s’exposent juridiquement dans cette société de précaution. Beaucoup font du bon travail. Il faut dire aussi qu’après avoir augmenté leurs recettes et leurs dépenses de façon irraisonnée depuis vingt ans, allant bien au-delà des responsabilités transférées, les collectivités se sont serré la ceinture depuis 2015, la moitié des économies globales ont été faites par elles. Les élus ont du coup la fausse impression d’avoir fait tous les efforts possibles et que désormais on va toucher l’os.

Des métropoles émergent et des zones non-reliées à elles qui se désertifient sans qu’on ait de stratégie

Ils ont en vérité d’énormes marges. Mais plutôt que d’espérer ralentir le train et plutôt que de manifester pour récupérer des crédits, il leur faut, comme l’Etat, repenser entièrement leur fonction. Il est temps surtout de remettre à plat l’organisation territoriale, trop complexe, trop lourde, trop inefficace. Les élus souffrent des économies, ils devraient retourner la contrainte et prendre en charge la construction d’une France neuve. La métropolisation, la chute de l’industrie et l’économie agrégative des activités (les unes attirent les autres comme dans la Silicon Valley) en sont les caractéristiques. Un nouvel aménagement est à penser.

Des métropoles émergent et des zones non-reliées à elles qui se désertifient sans qu’on ait de stratégie. Du coup, dans ces trous, « 77 villes de 20 000 à 50 000 habitants (soit 23 %) et 4 villes de plus de 100 000 habitants sur 39 » ont un problème insoluble de financement, dit la Cour. Ce n’est que le début. La reconstruction de la carte de France est beaucoup plus dynamique ici et plus dramatique là, en tout cas beaucoup plus forte que ne l’imaginent la grande majorité des élus. Le XXIe siècle ne fait que commencer, le réchauffement climatique aussi. Les enjeux de demain méritent mieux que des grognements de circonstance et des bombements de torse pour défendre des prés carrés anciens.

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 13:27

Lettre ouverte du comédien au leader de la France insoumise.

Cher Jean Luc Mélenchon

Vous avez perdu les deux dernières élections majeures de ce pays. Les règles du jeu vous étaient connues : les modes de scrutin, la constitution... Instruit et passionné d'histoire et de politique comme vous l'êtes, je doute qu'un aspect, même mineur, relatif aux procédures électorales ait pu vous échapper. Votre tactique, vos choix stratégiques étaient donc établis et approuvés en parfaite connaissance de cause.

Ceci étant posé, il me paraît alors évident que ces deux échecs sont les vôtres et uniquement les vôtres. Inutile d'invoquer l'altitude, le vent et la nature du terrain, Benoît Hamon ne serait en aucun cas actuellement votre Premier ministre car vous affirmiez, battant campagne, qu'il n'était pas question de marchandages et de tractations comme cela se passe habituellement dans les appareils politiques, appareils que vous n'avez eu de cesse de pourfendre.

Publiquement, aucun message autre que la reddition en rase campagne en chemise blanche et clefs de la ville autour du cou ne nous est parvenu de la France insoumise à nous autres bourgeois conformistes de Calais qui ne pensions pas tout à fait exactement comme vous. Hamon était le bienvenu s’il renonçait à tout. Les phrases sont nombreuses et j'invite tous les insoumis qui s'étrangleraient en lisant ces lignes à retrouver les déclarations et les gestuelles de leur chef qui le prouvent irréfutablement. 

l n'y avait pas d'accord possible. Vous nous l'avez suffisamment martelé. Dire aujourd'hui que vous avez perdu l'élection à cause de Benoît Hamon est un déni de réalité et vous le savez. En revanche votre stratégie n'a pas été la bonne : vous vouliez être président et vous n'avez pas passé la barre du premier tour ; vous vouliez imposer la cohabitation en devenant le Premier ministre du Président Macron et pour se faire les Français, les gens donc, vous ont gentiment accordé 15 députés.

Forfaiture

Si je vous dis tout ça c'est que, en accompagnant mes enfants à l'école, je suis tombé sur une affiche nous invitant à vous rejoindre le 23 septembre pour "marcher contre le coup d'État social". Autant votre sortie sur le PS comparé à "un zoo dont les animaux se garderaient tous seuls" m'a fait rire, autant ce slogan écrit et collé sur les murs me paraît grave.

Emmanuel Macron a gagné l'élection sur un programme et une méthode. Devenu président, il applique son programme et sa méthode. Il n'y a donc, ni de près ni de loin, un coup d'État. Cela s'appelle la démocratie. On peut exprimer ses doutes, voire ses craintes et son mécontentement, mais utiliser cette expression de "coup d'État" est indigne. Si ce qui se passe en France est un "coup d’Etat social", je ne sais comment qualifier le régime politique de Maduro.

C’est choquant et, au regard de votre parcours politique, c’est une forfaiture, c'est-à-dire un manquement grave à une parole donnée. Et cette parole n'est autre que votre si longue carrière politique : vous avez été conseiller général, président délégué du conseil général de l'Essonne, ministre, député, sénateur... Vous êtes depuis des décennies un serviteur des institutions de ce pays, dans la majorité comme dans l'opposition et de ce point de vue, c'est-à-dire du point de vue de votre parcours dans les différents institutions de ce pays, vous faites partie de ce système qui autorise des élections et permet des changements de gouvernance.

S’il y a un homme politique en France qui ne peut pas dire ça sans se déjuger immédiatement, c’est bien vous. Assimiler la politique d'Emmanuel Macron légitimement élu à un coup d'État social est une forfaiture... ou alors soyez quitte vis-à-vis de la nation et redonnez aux Français, aux gens, l'intégralité des sommes que vous avez perçues de l'État durant votre longue carrière politique. Redevenu libre et reniant votre passé, vous pourriez alors utiliser les formules les plus percutantes pour attaquer la politique de ce gouvernement et affirmer, pourquoi, pas que les élections étaient truquées comme cela vous a chatouillé un temps le soir des résultats du premier tour de la présidentielle.

Analyser la défaite

A quoi devons-nous nous attendre dans les prochains jours ? Un appel à prendre le maquis ?  À organiser des sabotages ? Les mots ont un sens et, vous qui êtes cultivé, le savez trop bien : l’écho des formules à l’emporte-pièce peut tuer. Des régimes totalitaires, ici comme ailleurs, ne nous l'ont que trop prouvé. Il est un peu désespérant qu'un homme politique se revendiquant des valeurs pacifistes et humanistes en arrive à utiliser ces grosses ficelles de propagande pour exciter les foules, sans doute pour lui faire oublier que le meilleur moyen de lutter contre cette réforme du code du travail eut été de remporter les élections.

Car ce fameux "coup d’Etat social" ne méritait-il pas d’appeler au rassemblement avant les élections ? Et pour cela faire preuve d’un peu moins de morgue et de mépris envers les différentes composantes de la gauche ?

Je vous fais grâce de l’urgence écologique pour laquelle j’étais venu vous rencontrer sur un plateau de France Télévision avant le dépôt des candidatures, urgence écologique qui a elle seule méritait une union sacrée des forces progressistes, beaucoup plus que des ordonnances qui peuvent être annulées dans cinq ans. Mais partagions-nous réellement cette urgence ?

Le meilleur service que vous puissiez rendre au peuple de gauche serait, à mon sens, d'analyser votre défaite car on ne construit pas l'avenir sur un déni de réalité.

Cordialement,

Philippe Torreton

( dans l'Obs du 23 septembre 2017 )

 

AFP L'acteur Philippe Torreton, ici le 11 mars 2014 à Paris, a choisi ce 23 septembre 2017, jour de manifestation des Insoumis pour adresser une virulente lettre à Jean- Luc Mélenchon.

AFP L'acteur Philippe Torreton, ici le 11 mars 2014 à Paris, a choisi ce 23 septembre 2017, jour de manifestation des Insoumis pour adresser une virulente lettre à Jean- Luc Mélenchon.

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 16:22

"François n'a pas pu se retenir"… Même les plus proches de l'ancien président de la République se montrent, en privé, navrés de ce qu'il se soit " laissé aller à faire la leçon à son successeur tout en célébrant lui-même les résultats de sa politique contre le chômage ". Preuve s'il en était de son isolement, mais aussi de son incapacité à s'élever au-dessus de sa personne – à hauteur de France. François Hollande s'est donc précipité – 100 jours à peine après son départ-renoncement - pour se tresser des couronnes à Angoulême, " en marge " d'un festival du film francophone. Tout un symbole…

Ainsi donc l'ex-chef de l'Etat n'aura trouvé personne, avec un poids politique conséquent, pour défendre sa tardive et partielle réussite dans la lutte contre le chômage. Il y bien eu Stéphane Le Foll, l'ex-ministre de l'Agriculture, qui twittait dans le désert. En tant que "le Foll du Roi", les Français ne l'écoutent pas. Mais ils n'entendront pas davantage le souverain déchu, du moins aussi longtemps qu'il n'aura pas effectué un travail de fond et rendu compte des raisons de ses échecs, et donc de ses éventuels succès.

Pourquoi François Hollande s'est-il retrouvé dans l'incapacité de se représenter? Pourquoi le souverain républicain a-t-il sombré dans une "immajesté" impopulaire? Pourquoi n'a-t-il pas compris ce pays qui l'a rejeté, tant il n'a pas supporté, non seulement ses reniements, mais aussi ses absences et ses irrésolutions qui ont contribué à l'aggravation des inégalités?

Ces interrogations, et tant d'autres, aussi longtemps que l'Ex n'aura pas pris le temps d'y réfléchir, ses " bavardages " n'intéresseront guère. Les Français relèveront que " tiens, le commentateur impénitent est revenu"!

Certains pourront toujours trouver des justifications à cette brutale rupture de son si bref jeûne médiatique. Considérer comme un juste retour des choses que François Hollande se montre le critique acerbe de son ancien conseiller qui ne l'a pas ménagé pendant la campagne électorale et après la conquête de l'Elysée. On imagine volontiers sa volupté perverse lorsqu'il enjoint à son successeur " de ne pas infliger des sacrifices inutiles aux français! ". Hollande joue ainsi au " Macron de Macron ", lequel aurait trop chargé la barque de l'héritage.../... 

Lorsqu’on a été disqualifié, il est déplacé de se poser en donneur de leçons

Il n'empêche…

Un Président fut-il renvoyé à ses études, et à fortiori celui-là, par respect d'abord de sa fonction, se doit de parler au-dessus du lot, et de son nombril en particulier. Qu'il nous entretienne donc, plus tard, du Pays! Surtout s'il prétend réhabiliter son règne, rentrer dans l'histoire autrement que par la porte de sortie et, voire, tenter de jouer à nouveau "Le" premier rôle. Après avoir été remercié, Valéry Giscard d'Estaing,  " le plus intelligent d'entre tous " paraît-il, n'est pas parvenu à revenir.  Nicolas Sarkozy, le plus "énergétique"disait-on, s'est pareillement cassé ses dents de loup. Rappelons qu'il avait lui-même édicté la règle suivante: " lorsque les Français ont coupé la tête de leur roi, rien ne sert de tenter de la recoller ". Le prétentieux avait cru échapper à cette règle d'airain.

François Hollande tente de s'en sortir d'une pirouette, en affirmant qu'il "n'a pas été battu puisqu'il ne s'est pas représenté. " Certes, mais il en a été empêché, ce qui est sans doute pire…

En tout cas, lorsqu'on a été ainsi disqualifié, il parait pour le moins déplacé de se poser si précipitamment en donneur de leçons. Un long délai de viduité s'imposait, surtout après avoir tant et tant (dé)parlé…

( d'après une tribune de Nicolas Domenach  du 23 août dans Challenges)  

Illustration: le blog Aimerbethune

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 20:45

Résultats du 1er tour des élections législatives 2012 – Pas-de-Calais - 9ème circonscription

Candidat / Liste% des votes exprimés

A. FLAJOLET

 UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

 

30.21 %13 702 VOTES

S. SAINT-ANDRE

 RADICAL DE GAUCHE

 

22.40 %10 159 VOTES

A. BEIGNEUX

 FRONT NATIONAL

 

16.88 %7 658 VOTES

A. DELANNOY

 DIVERS GAUCHE

 

10.87 %4 929 VOTES

P. BAROIS

 FRONT DE GAUCHE

 

7.77 %3 526 VOTES

 

Cette année, André Flajolet sera absent de la compétition. Pourquoi, mystère...Deux fois élus en 2002 et 2007, avec un suppléant centriste, il fut battu de justesse au 2e tour de l'élection de 2012 avec un différentiel de 298 voix .Cependant, il était largement en tête au 1er tour. Le candidat PRG-PS bénéficiait de l'élection de François Hollande.

Résultats du 2nd tour des élections législatives 2012 – Pas-de-Calais - 9ème circonscription

Candidat / Liste% des votes exprimés

S. SAINT-ANDRE

 RADICAL DE GAUCHE

 

50.83 %21 509 VOTES

A. FLAJOLET

 UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

 

49.17 %20 807 VOTES

Les 11 et 18 juin, deux adjoints de la ville de Béthune brigueront le poste; l'une investie par la République En Marche, l'autre par LR (ex-UMP ).

L'ancien député André Flajolet est silencieux. Que pense-t-il de la situation politique dans son ancienne circonscription où il fut élu par deux fois, manquant de très peu l'élection de 2012 ???

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 15:58

Ne pas respecter la parole donnée à François Bayrou est une faute politique. Car le béarnais a booster de 4 ou 5 points le score d'Emmanuel Macron dès son ralliement et lui a permis de retrouver une dynamique nouvelle alors qu'il stagnait. 

Ne pas respecter les adhérents bretons de la REM est une autre faute.  L'investiture de l'énarque, vieil ami d'Emmanuel Macron, en Ille-et-Vilaine agace Jean-Yves Le Drian, qui ne devrait pas le soutenir; pas plus que nombre de "marcheurs". Le Drian a d'ailleurs déclaré :     « C'est sans doute un deal tout con entre deux potes un peu naïfs, géré sur un coin de table. Mais, parachuter Gantzer ici, c'est avant tout une faute politique. »

Ne pas respecter les adhérents de la 9e circonscription du Pas-de-Calais est une autre faute politique. Beaucoup pensait que Marguerite Déprez-Audebert, adjointe au maire centriste de Béthune et conseillère régionale serait investie. Qu'elle n'a été leur surprise de voir figurer le nom du député sortant PRG, élu en 2012 avec l'investiture socialiste ( et maire battu à Béthune,en 2014 ) sur le premier jet de la liste REM ! Il a refusé l'investiture...pour l'instant.

Mais avait-il déposé un dossier de candidature ?

On peut s'interroger...Fille de l'ancien maire du Touquet battu par l'un de ses anciens adjoints UMP qui est devenu responsable de LR dans le département, ferait-elle de l'ombre à ce dernier..et à son poulain béthunois ? Toujours est-il que la commission des investitures présidée par l'ancien maire de Bapaume- et ancien responsable RPR - du département a tranché. Autre deal ?

Troublant !  

(  rappel pour les "oublieux" : le RPR est devenu UMP puis LR ).

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 15:54

Jean Dupont est agressé dans une rue sombre par un olibrius ; il se défend comme il peut pendant quelques minutes, jusqu’à l’arrivée de la police. Le lendemain dans le journal, il lit ce compte rendu : «Jean Dupont impliqué dans une lamentable bagarre de rue.» Telle est la mésaventure arrivée mercredi soir à Emmanuel Macron. Pris sous un torrent d’invectives, accusé de tous les maux de la terre, attaqué sans cesse au-dessous de la ceinture par une candidate qui a fait exploser le record des mensonges proférés dans un débat de ce genre, il lit le lendemain dans les journaux qu’il a participé à un débat indigne, sans élévation, un pugilat cathodique qui ne fait pas honneur à la République. Et le lecteur non averti en déduit qu’il est coresponsable de cette lamentable bagarre de rue.

Apparemment, l’opinion dans son ensemble ne s’y trompe pas puisque toutes les enquêtes post-débat donnent Macron vainqueur, à plus de 60%. Mais un tiers des spectateurs disent le contraire, chiffre énorme quand on juge le débat sur la forme. On peut penser que le crime ne paie pas et que Marine Le Pen a détruit sa propre crédibilité présidentielle en choisissant le pugilat, comme si elle ne croyait pas à sa victoire et cherchait seulement à se poser en future cheffe de l’opposition. Ses explications sur les deux monnaies qu’elle envisage de faire cohabiter sont inexistantes ; le report de la retraite à 60 ans en fin de mandat est une manœuvre d’amateur ; sans la sortie de l’euro, elle aussi repoussée de plusieurs années, son programme n’est plus financé, puisque l’argent devait venir d’une banque centrale française soumise au gouvernement, laquelle ne peut voir le jour sans briser les traités européens. Marine Le Pen explique benoîtement qu’elle a «un peu bousculé les codes». Toujours cette dénonciation du «politiquement correct» ou du «médiatiquement correct» qui couvre les pratiques les plus grossières et les mensonges les plus éhontés. Marine Le Pen n’a pas bousculé les codes de la bienséance, mais ceux de la vérité.

Stratégie consciente ou simple dévoilement de la vraie nature de l’extrême droite ? Ou encore incompétence camouflée par l’agressivité ? Certains se rassurent en se disant que les choses sont claires, désormais. Marine Le Pen est un Trump au féminin, ou un troll de la politique. Peut-être. Ce n’est pas une raison pour baisser la garde : Trump a été élu.

Et aussi

• Le «rolling» des Echos donne un point de plus à Macron. L’écart s’élargit un chouia, puisque Marine Le Pen tombe sous la barre des 40% (à 39%). Mais les effets du débat sont encore difficiles à appréhender.

• Mieux qu’un sondage : plusieurs proches de Marine Le Pen confessent discrètement leur consternation devant la prestation de leur championne. Peut-être y trouve-t-on l’explication toute bête de cet étrange événement : la candidate n’est pas bonne, voilà tout.

LAURENT JOFFRIN

Lettre de campagne

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 14:35

Les petitesses politiciennes s’affichent sans vergogne entre les deux tours de la présidentielle. Nicolas Dupont-Aignan va à Canossa, agenouillé devant Marine Le Pen qui lui donne son onction : un poste de Premier ministre très virtuel. Jean-Luc Mélenchon et certains leaders de droite comme Laurent Wauquiez invitent leurs électeurs à ne pas voter pour Marine Le Pen. L’abstention, le vote blanc ou nul seraient aussi une solution. C’est faux. Ne pas appeler à voter Macron, c’est augmenter le risque de la dictature. Et lorsqu’un parti non démocratique comme le Front national s’empare du pouvoir, il ne le quitte que par la violence. Aucun politicien professionnel ne peut l’ignorer.

LA DÉMOCRATIE EST FONDÉE SUR LA RAISON

La désastreuse campagne électorale qui s’achève laissera des traces. À la fois spectacle de mauvais goût et exercice de désinformation massive, elle a consacré la victoire de l’émotion fabriquée sur la raison. La foule des réseaux sociaux conforte désormais celle des meetings, accélérant ainsi le nivellement par le bas. La propagande remplace l’information.

La démocratie pourra-t-elle résister longtemps à cette plongée profonde dans la médiocrité médiatique ? Les haines affichées publiquement, la violence verbale et l’invective sur internet constituent autant d’agressions contre la liberté. Car les valeurs fondatrices de nos démocraties supposent l’explicitation, l’argumentation et le respect des opinions d’autrui. Sans la raison et la modération, sans la recherche permanente du compromis acceptable par tous, notre République ne peut survivre.

EXPLOITER LA LIBERTÉ POUR RADICALISER LES POSITIONS

Cet effondrement du niveau du débat préfigure-t-il une remise en cause des principes même de la démocratie ? Les extrémistes de droite comme de gauche s’en féliciteraient puisque leur objectif est d’abord et avant tout de nous priver de notre liberté. En réduisant la confrontation à un échange de lieux communs, ils instaurent par le verbe le conflit et non le dialogue.

L’infantilisation du débat, devenu une sorte de rixe verbale entre de grands enfants qui se disputent le droit de devenir chef, constitue à l’évidence une régression. Or, la démocratie est une tension vers le progrès. Même si des divergences peuvent se faire jour sur la définition du progrès, la volonté de dessiner un avenir meilleur sous-tend le projet démocratique. Les régressions nationalistes ou marxisantes instillent dans les esprits une mentalité complotiste : les démocrates nous ont trompés, le progrès est une de leurs chimères. La piètre caricature de l’Union européenne par les souverainistes en fournit un exemple.

LA STIGMATISATION DE L’UNION EUROPÉENNE

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon réduisent l’Union Européenne à une technocratie bruxelloise avide de pouvoir qui a dégradé les conditions de vie des européens. Ces grossiers mensonges ne sont efficaces électoralement que parce qu’ils reposent sur l’ignorance des citoyens. La vérité est que nous devons beaucoup à l’Europe politique en cours de construction. Le projet européen est très simple dans son principe mais d’une grande complexité dans sa mise en œuvre. De quoi s’agit-il ?

 

Après la Seconde Guerre mondiale, des hommes de bonne volonté ont voulu privilégier la coopération entre États au lieu d’exploiter leurs rivalités pour aveugler l’opinion. Après la guerre la plus horrible, ils voulaient bâtir la paix sur l’échange. Ces pères fondateurs de l’Europe (en particulier Jean Monnet, Robert Schuman, Alcide de Gasperi) ont proposé de construire pas à pas, par la négociation permanente, une entité politique sui generis. Aujourd’hui, cette entité, l’Union européenne, est toujours en construction et le restera longtemps car il s’agit d’une rupture historique sans précédent. Bien sûr, notre Europe est imparfaite ! Bien sûr, elle connaît des à-coups et des phases de stagnation ! Mais elle a préservé la paix et la liberté et a contribué – quoi qu’en disent tous les démagogues – à notre prospérité. Il s’agit du plus beau projet de paix que l’humanité ait jamais conçu.

LES GRANDES AMBITIONS DÉMOCRATIQUES

D’une manière plus générale, les démocraties libérales du début du XXIe siècle sont les régimes politiques les plus exigeants de l’histoire. Exigence de liberté car chacun peut croire, s’exprimer, se réunir, se déplacer, s’associer, entreprendre. Exigence de solidarité car des institutions spécifiques ont été créées (assurances santé, retraite, chômage, etc.) qui ne laissent plus les hommes seuls et désemparés face aux risques majeurs de la vie humaine. Rien de tout cela n’existait il y a seulement un siècle et demi. Encore aujourd’hui, rien de tout cela n’existe dans de nombreux pays. Si certains partis mettent l’accent sur les inégalités pour les exploiter électoralement, il faut rappeler que le niveau de vie actuel des Français est le plus élevé jamais atteint dans notre pays.

Au contraire, tous les régimes autoritaires ou totalitaires (URSS, Espagne franquiste, Allemagne nazie, Italie fasciste) ont amené, outre l’asservissement de la population, une régression sévère du niveau de vie. Liberté et prospérité vont de pair.

LA FRANCE DOIT-ELLE DEVENIR UNE DICTATURE ?

Le second tour de l’élection présidentielle de 2017 offre donc un choix élémentaire, caricatural, qui ne devrait pas faire partie des options proposées dans une démocratie. Marine Le Pen contre Emmanuel Macron, c’est la dictature qui s’oppose à la démocratie. Le choix est simple, évident, mais la présence à ce stade du scrutin d’une ennemie de la démocratie symbolise aussi un échec culturel et moral de notre société.

Par Patrick Aulnas ( Diplômé d’études supérieures de droit public, ancien professeur agrégé d’économie-gestions)  dans Contrepoints

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:59

L'article qui suit, publié hier par François Reynaert dans l'Obs, nous éclaire sur les racines du FN. Un point d'histoire objectif que doivent connaître les jeunes générations qui n'ont pas connu ces temps troublés et troubles pour le FN et son fondateur.

 

Stricto sensu, il est inexact de dire que le Front national "a organisé les attentats contre De Gaulle", puisqu’il n’a été fondé que dix ans après le plus célèbre d’entre eux ( l'OAS ). Il est tout à fait légitime, en revanche, de noter qu’entre ce mouvement et l’organisation qui fut effectivement derrière ces crimes, il existe une filiation directe, et revendiquée : il y a entre les deux plus que des ponts, des viaducs.

Démonstration est faite dans cet article. 

  

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 10:11

Le FN s'apprête à gagner la présidentielle, et il n'y aura pas de billet retour

Les régimes autoritaires peuvent s'installer graduellement, sans violence. Par Aurélien Leblay, consultant et expert externe pour la Commission Européenne, basé à Londres

 Le plus important de la période, c'est que l'autoritarisme est à notre porte et que les libertés publiques tremblotent. Florilège de ce qui se passe aux Etats-Unis : au Kentucky, une loi autorise les commerces à ne pas servir les personnes homosexuelles, à Washington on crie « Hail Trump » dans les rassemblements du propagandiste Richard Spencer, et l'actuel ministre de la justice trouve le KKK « OK, jusqu'à que je découvre qu'ils fument des joints » (le KKK promeut le meurtre et la torture des gens en raison de leur couleur de peau). Pour Bannon, le numéro 2 de la Maison Blanche : « Cela nous aide quand ils se trompent sur nous. Quand ils sont aveugles sur ce que nous sommes et ce que nous faisons. »

Ceux qui se rappellent l'Allemagne des années 1930 se demandent toujours : « comment a-t-on pu sombrer dans cette folie barbare » ? L'époque montre de façon limpide comment les opinions basculent dans l'irrationnel. : l'appauvrissement ou sa menace, la sensation ou l'expérience du déclassement, l'impossibilité d'envisager l'avenir des siens avec sérénité, le délaissement de l'État. Justifiées par l'assainissement des finances publiques, les politiques déflationnistes (baisses des salaires, des retraites ou des allocations, compression des dépenses publiques) renforcent la conviction que la politique ne peut plus rien. Elles créent la désespérance économique et l'attrait pour les options extrêmes. Dans ce contexte, des entrepreneurs politiques sans scrupules constatent qu'il est facile d'attiser les haines xénophobes, et excellent dans les analyses binaires et outrancières.

 L'autoritarisme en douceur

 Les régimes autoritaires peuvent s'installer graduellement, sans violence. Après l'élection, l'exécutif placera des exécutants aux postes censés préserver l'état de droit, en premier lieu la justice. Dans le même temps, on continuera de galvaniser le public. La fameuse « post-vérité » rejoint la propagande des régimes autoritaires du 20ème siècle. Ces « alternative facts » rappellent furieusement les « velines » (instructions aux journaux) de Mussolini, ou les techniques de propagande du pouvoir hitlérien, dont le responsable de la communication (Goebbels) disait : « Le détail n'est absolument pas ce qui compte, est vrai ce qui sert à mon peuple ». Il s'agit de réécrire les faits dans un sens favorable au régime : le mensonge devenu communication de masse. Si l'emblématique Breitbart News n'est pas un organe officiel, son directeur Steve Bannon est devenu le numéro 2 du pouvoir. La propagande est également à l'œuvre lorsque Trump invente sciemment un attentat en Suède (en Février 2017). Le démenti arrive en quelques minutes mais sur certains canaux seulement. A la fin, un grand nombre d'Américains retient qu'il y a bien eu un attentat en Suède.

 Des régimes discrets pour museler la presse

Il n'y aura pas d'interdiction nette de la liberté de la presse, ces régimes sont plus discrets. En Pologne, l'Etat menace les entreprises de cesser les commandes si elles achètent les espaces publicitaires des journaux indépendants. Ces-derniers disparaissent, logiquement. On peut aussi interdire la presse libre d'accéder au parlement (Pologne) ou aux conférences de presse de l'exécutif (USA).

 Pour affaiblir le suffrage universel sans le dire, il y a beaucoup de solutions. On peut utiliser les moyens de l'Etat pour intimider ou nuire aux opposants, on peut empêcher les votes non-favorables, en utilisant au besoin la violence. On peut organiser la fraude électorale à diverses échelles : plus l'administration est sous contrôle, plus on aura les coudées franches. On voit d'ailleurs comment Trump tente de reprendre la main sur les services secrets et fait dénoncer le « deep state », à savoir les fonctionnaires supposément restés fidèles à la précédente administration.

 

La fin du plafond de verre

 On peut continuer à espérer que tout s'arrangera tout seul, sauf que l'inclinaison de la pente du nationalisme-autoritaire ne s'inverse pas. En France le score du FN grandit élection après élection, il n'y a pas mille conclusions à en tirer... Pour inverser la tendance, il faut faire en sorte que le quotidien des plus fragiles s'améliore, et non pas empire année après année. « Quand les ouvriers n'y croient plus, ils deviennent des loups » ai-je pu lire un jour sur un réseau social bien connu. Laisser entrevoir des futurs meilleurs, c'est aussi simple que ça, et des pistes existent.

 Malheureusement le retournement des mentalités est un énorme rouleau compresseur très lent mais inéluctable. Le FN a obtenu 35% chez les moins de 24 ans en 2015, les jeunes sont désormais beaucoup moins vigilants que ne l'étaient leurs ainés. On peut faire des blagues à propos de Mme Le Pen. Elle est au pire naze et ridicule, mais elle n'est plus dangereuse. En mai les électeurs de gauche et a fortiori de droite se mobiliseront peu pour voter contre Le Pen au 2ème tour.

C'est bien l'abstention qui fera gagner le FN : à moins de 60% ou 65% de participation le plafond de verre devient une petite membrane en cellophane. Plus inquiétant encore :  le 2ème tour est un match binaire mondialisation heureuse contre laissés pour compte, confort des urbains contre précarité des périphéries, France qui va bien contre France qui va mal. Statu quo voire poursuite des politiques économiques, contre rupture affirmée. Un match électoral entre « gens connectés » et « gens des murs » (« web people » et « wall people » que décrit Thomas Friedman), entre l'idée de « oui » et l'idée de « non ». Je vous laisse deviner la réponse la plus en vogue. Regardons le Brexit, Trump, et toutes les prédictions pré-scrutins, et soyons un peu lucides pour une fois.

 Rien ne s'oppose à ce que le FN glisse vers l'autoritarisme une fois élu : attaques violentes contre la presse ou la justice, proximité avec les milieux identitaires, néo-nazis, et autres groupes violents, persistance de la ligne historique chez les militants, scores mirobolants chez les policiers ou les militaires, et surtout l'existence de l'article 16 de la constitution. Il faut bien se persuader que Marine le Pen sera réélue en 2022 si on lui laisse le pouvoir aujourd'hui. La propagande ou la manipulation des opinions est le principal danger, et rien ne dit du reste que les élections d'après seront libres, car on peut faire énormément de choses en 4 ou 5 ans.

 A chaque époque ses autoritarismes, il est temps qu'on se le dise bien fort et qu'on le répète autant qu'il faut. Pinailler sur les différences entre maintenant et l'Europe des années 1930 ne fait qu'atténuer l'alarme qui aurait dû nous saisir il y a longtemps. Dans l'urgence, on a peut-être encore les moyens d'empêcher la catastrophe cette année. Si nous avons cette chance il faudra s'attaquer aux origines des crises, avec lucidité et audace. Sinon, nous naviguerons en territoire inconnu.

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 12:32

Les sondeurs ne savent plus à quel saint se vouer tant les électeurs sont versatiles, circonspects, inquiets et désemparés pour un grand nombre d'entre eux. Mais y a-t-il un saint qui pourrait les renseigner ? Si oui, couvrez donc ce "saint" que je ne saurais voir, répondraient alors certains candidats quelque peu Tartuffe !

Pourtant, beaucoup d'électeurs semblent avoir fait leur choix. Néanmoins, une forte minorité n'est plus en capacité de voter utile et cherche un vote nouveau, le vote futile.

Dans sa chronique du jour, Serge Raffy analyse cette forme suprême du défaitisme.

"Dans cette pétaudière politique, de nombreux citoyens, face au désordre idéologique régnant, ne sont même plus en capacité de voter utile. Trop triste... Ils vont choisir un vote nouveau : le vote "futile". Faut-il en rire ou en pleurer ? Ils glisseront un bulletin dans l’urne pour un candidat qui les détend, les amuse, leur apporte une forme de nouveauté, de bol d’air, de frisson dans le dos, sans s’attarder sur leur programme, parce qu’ils anticipent déjà le fait que les promesses des uns et des autres se heurteront inévitablement au mur du réel. Le vote "futile" est une forme suprême du défaitisme, de désenchantement, de petite déprime électorale, qu’on sublime en jouant la carte "fun". Je vote, donc je fuis ?
 
C’est bien ce qui terrifie les sondeurs et les chroniqueurs politiques, dont je suis, emberlificotés dans des justifications rationnelles à cette grande énigme électorale. Cet angle mort de l’ennui, où une catégorie inconnue de votants comparent la présidentielle à une forme de jeu de Loto, ou une série télé, peut provoquer des catastrophes. On entend souvent autour de nous les rires vengeurs de ces militants du parti de la futilité qui ont choisi le vote décalé, à contre-courant, le vote contre-pied, voire pied de nez, pour marquer, non pas une adhésion à un projet de société, mais un ras-le-bol à l’égard de cette interminable campagne qui dure depuis près d’un an, primaires de la droite et de la gauche obligent ".
 
Prenons garde à ce vote de futilité; car l'élection du président de la République est un acte important qui engage notre pays pour cinq ans.
Ceux que l'on appelle les "petits candidats", fort respectables par ailleurs, n'ont plus grande chance d'accéder au deuxième tour. Parmi les quatre "grands prétendants ", deux me semblent déconnectés des réalités du monde actuel car quitter l'Europe et abandonner la monnaie unique serait un saut périlleux dans l'inconnu.
Entre futilité et utilité, le choix de la raison s'impose.
Restent les deux autres " grands candidats "; mon choix personnel est fait: le moins clivant donc le plus rassembleur...
vote utile ET de conviction donc d'adhésion.
Emmanuel MACRON.
 
Jean Pierre DERUELLE
Présidentielle: vote utile ou vote futile ?
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