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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 20:45

Résultats du 1er tour des élections législatives 2012 – Pas-de-Calais - 9ème circonscription

Candidat / Liste% des votes exprimés

A. FLAJOLET

 UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

 

30.21 %13 702 VOTES

S. SAINT-ANDRE

 RADICAL DE GAUCHE

 

22.40 %10 159 VOTES

A. BEIGNEUX

 FRONT NATIONAL

 

16.88 %7 658 VOTES

A. DELANNOY

 DIVERS GAUCHE

 

10.87 %4 929 VOTES

P. BAROIS

 FRONT DE GAUCHE

 

7.77 %3 526 VOTES

 

Cette année, André Flajolet sera absent de la compétition. Pourquoi, mystère...Deux fois élus en 2002 et 2007, avec un suppléant centriste, il fut battu de justesse au 2e tour de l'élection de 2012 avec un différentiel de 298 voix .Cependant, il était largement en tête au 1er tour. Le candidat PRG-PS bénéficiait de l'élection de François Hollande.

Résultats du 2nd tour des élections législatives 2012 – Pas-de-Calais - 9ème circonscription

Candidat / Liste% des votes exprimés

S. SAINT-ANDRE

 RADICAL DE GAUCHE

 

50.83 %21 509 VOTES

A. FLAJOLET

 UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

 

49.17 %20 807 VOTES

Les 11 et 18 juin, deux adjoints de la ville de Béthune brigueront le poste; l'une investie par la République En Marche, l'autre par LR (ex-UMP ).

L'ancien député André Flajolet est silencieux. Que pense-t-il de la situation politique dans son ancienne circonscription où il fut élu par deux fois, manquant de très peu l'élection de 2012 ???

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 15:58

Ne pas respecter la parole donnée à François Bayrou est une faute politique. Car le béarnais a booster de 4 ou 5 points le score d'Emmanuel Macron dès son ralliement et lui a permis de retrouver une dynamique nouvelle alors qu'il stagnait. 

Ne pas respecter les adhérents bretons de la REM est une autre faute.  L'investiture de l'énarque, vieil ami d'Emmanuel Macron, en Ille-et-Vilaine agace Jean-Yves Le Drian, qui ne devrait pas le soutenir; pas plus que nombre de "marcheurs". Le Drian a d'ailleurs déclaré :     « C'est sans doute un deal tout con entre deux potes un peu naïfs, géré sur un coin de table. Mais, parachuter Gantzer ici, c'est avant tout une faute politique. »

Ne pas respecter les adhérents de la 9e circonscription du Pas-de-Calais est une autre faute politique. Beaucoup pensait que Marguerite Déprez-Audebert, adjointe au maire centriste de Béthune et conseillère régionale serait investie. Qu'elle n'a été leur surprise de voir figurer le nom du député sortant PRG, élu en 2012 avec l'investiture socialiste ( et maire battu à Béthune,en 2014 ) sur le premier jet de la liste REM ! Il a refusé l'investiture...pour l'instant.

Mais avait-il déposé un dossier de candidature ?

On peut s'interroger...Fille de l'ancien maire du Touquet battu par l'un de ses anciens adjoints UMP qui est devenu responsable de LR dans le département, ferait-elle de l'ombre à ce dernier..et à son poulain béthunois ? Toujours est-il que la commission des investitures présidée par l'ancien maire de Bapaume- et ancien responsable RPR - du département a tranché. Autre deal ?

Troublant !  

(  rappel pour les "oublieux" : le RPR est devenu UMP puis LR ).

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 15:54

Jean Dupont est agressé dans une rue sombre par un olibrius ; il se défend comme il peut pendant quelques minutes, jusqu’à l’arrivée de la police. Le lendemain dans le journal, il lit ce compte rendu : «Jean Dupont impliqué dans une lamentable bagarre de rue.» Telle est la mésaventure arrivée mercredi soir à Emmanuel Macron. Pris sous un torrent d’invectives, accusé de tous les maux de la terre, attaqué sans cesse au-dessous de la ceinture par une candidate qui a fait exploser le record des mensonges proférés dans un débat de ce genre, il lit le lendemain dans les journaux qu’il a participé à un débat indigne, sans élévation, un pugilat cathodique qui ne fait pas honneur à la République. Et le lecteur non averti en déduit qu’il est coresponsable de cette lamentable bagarre de rue.

Apparemment, l’opinion dans son ensemble ne s’y trompe pas puisque toutes les enquêtes post-débat donnent Macron vainqueur, à plus de 60%. Mais un tiers des spectateurs disent le contraire, chiffre énorme quand on juge le débat sur la forme. On peut penser que le crime ne paie pas et que Marine Le Pen a détruit sa propre crédibilité présidentielle en choisissant le pugilat, comme si elle ne croyait pas à sa victoire et cherchait seulement à se poser en future cheffe de l’opposition. Ses explications sur les deux monnaies qu’elle envisage de faire cohabiter sont inexistantes ; le report de la retraite à 60 ans en fin de mandat est une manœuvre d’amateur ; sans la sortie de l’euro, elle aussi repoussée de plusieurs années, son programme n’est plus financé, puisque l’argent devait venir d’une banque centrale française soumise au gouvernement, laquelle ne peut voir le jour sans briser les traités européens. Marine Le Pen explique benoîtement qu’elle a «un peu bousculé les codes». Toujours cette dénonciation du «politiquement correct» ou du «médiatiquement correct» qui couvre les pratiques les plus grossières et les mensonges les plus éhontés. Marine Le Pen n’a pas bousculé les codes de la bienséance, mais ceux de la vérité.

Stratégie consciente ou simple dévoilement de la vraie nature de l’extrême droite ? Ou encore incompétence camouflée par l’agressivité ? Certains se rassurent en se disant que les choses sont claires, désormais. Marine Le Pen est un Trump au féminin, ou un troll de la politique. Peut-être. Ce n’est pas une raison pour baisser la garde : Trump a été élu.

Et aussi

• Le «rolling» des Echos donne un point de plus à Macron. L’écart s’élargit un chouia, puisque Marine Le Pen tombe sous la barre des 40% (à 39%). Mais les effets du débat sont encore difficiles à appréhender.

• Mieux qu’un sondage : plusieurs proches de Marine Le Pen confessent discrètement leur consternation devant la prestation de leur championne. Peut-être y trouve-t-on l’explication toute bête de cet étrange événement : la candidate n’est pas bonne, voilà tout.

LAURENT JOFFRIN

Lettre de campagne

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 14:35

Les petitesses politiciennes s’affichent sans vergogne entre les deux tours de la présidentielle. Nicolas Dupont-Aignan va à Canossa, agenouillé devant Marine Le Pen qui lui donne son onction : un poste de Premier ministre très virtuel. Jean-Luc Mélenchon et certains leaders de droite comme Laurent Wauquiez invitent leurs électeurs à ne pas voter pour Marine Le Pen. L’abstention, le vote blanc ou nul seraient aussi une solution. C’est faux. Ne pas appeler à voter Macron, c’est augmenter le risque de la dictature. Et lorsqu’un parti non démocratique comme le Front national s’empare du pouvoir, il ne le quitte que par la violence. Aucun politicien professionnel ne peut l’ignorer.

LA DÉMOCRATIE EST FONDÉE SUR LA RAISON

La désastreuse campagne électorale qui s’achève laissera des traces. À la fois spectacle de mauvais goût et exercice de désinformation massive, elle a consacré la victoire de l’émotion fabriquée sur la raison. La foule des réseaux sociaux conforte désormais celle des meetings, accélérant ainsi le nivellement par le bas. La propagande remplace l’information.

La démocratie pourra-t-elle résister longtemps à cette plongée profonde dans la médiocrité médiatique ? Les haines affichées publiquement, la violence verbale et l’invective sur internet constituent autant d’agressions contre la liberté. Car les valeurs fondatrices de nos démocraties supposent l’explicitation, l’argumentation et le respect des opinions d’autrui. Sans la raison et la modération, sans la recherche permanente du compromis acceptable par tous, notre République ne peut survivre.

EXPLOITER LA LIBERTÉ POUR RADICALISER LES POSITIONS

Cet effondrement du niveau du débat préfigure-t-il une remise en cause des principes même de la démocratie ? Les extrémistes de droite comme de gauche s’en féliciteraient puisque leur objectif est d’abord et avant tout de nous priver de notre liberté. En réduisant la confrontation à un échange de lieux communs, ils instaurent par le verbe le conflit et non le dialogue.

L’infantilisation du débat, devenu une sorte de rixe verbale entre de grands enfants qui se disputent le droit de devenir chef, constitue à l’évidence une régression. Or, la démocratie est une tension vers le progrès. Même si des divergences peuvent se faire jour sur la définition du progrès, la volonté de dessiner un avenir meilleur sous-tend le projet démocratique. Les régressions nationalistes ou marxisantes instillent dans les esprits une mentalité complotiste : les démocrates nous ont trompés, le progrès est une de leurs chimères. La piètre caricature de l’Union européenne par les souverainistes en fournit un exemple.

LA STIGMATISATION DE L’UNION EUROPÉENNE

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon réduisent l’Union Européenne à une technocratie bruxelloise avide de pouvoir qui a dégradé les conditions de vie des européens. Ces grossiers mensonges ne sont efficaces électoralement que parce qu’ils reposent sur l’ignorance des citoyens. La vérité est que nous devons beaucoup à l’Europe politique en cours de construction. Le projet européen est très simple dans son principe mais d’une grande complexité dans sa mise en œuvre. De quoi s’agit-il ?

 

Après la Seconde Guerre mondiale, des hommes de bonne volonté ont voulu privilégier la coopération entre États au lieu d’exploiter leurs rivalités pour aveugler l’opinion. Après la guerre la plus horrible, ils voulaient bâtir la paix sur l’échange. Ces pères fondateurs de l’Europe (en particulier Jean Monnet, Robert Schuman, Alcide de Gasperi) ont proposé de construire pas à pas, par la négociation permanente, une entité politique sui generis. Aujourd’hui, cette entité, l’Union européenne, est toujours en construction et le restera longtemps car il s’agit d’une rupture historique sans précédent. Bien sûr, notre Europe est imparfaite ! Bien sûr, elle connaît des à-coups et des phases de stagnation ! Mais elle a préservé la paix et la liberté et a contribué – quoi qu’en disent tous les démagogues – à notre prospérité. Il s’agit du plus beau projet de paix que l’humanité ait jamais conçu.

LES GRANDES AMBITIONS DÉMOCRATIQUES

D’une manière plus générale, les démocraties libérales du début du XXIe siècle sont les régimes politiques les plus exigeants de l’histoire. Exigence de liberté car chacun peut croire, s’exprimer, se réunir, se déplacer, s’associer, entreprendre. Exigence de solidarité car des institutions spécifiques ont été créées (assurances santé, retraite, chômage, etc.) qui ne laissent plus les hommes seuls et désemparés face aux risques majeurs de la vie humaine. Rien de tout cela n’existait il y a seulement un siècle et demi. Encore aujourd’hui, rien de tout cela n’existe dans de nombreux pays. Si certains partis mettent l’accent sur les inégalités pour les exploiter électoralement, il faut rappeler que le niveau de vie actuel des Français est le plus élevé jamais atteint dans notre pays.

Au contraire, tous les régimes autoritaires ou totalitaires (URSS, Espagne franquiste, Allemagne nazie, Italie fasciste) ont amené, outre l’asservissement de la population, une régression sévère du niveau de vie. Liberté et prospérité vont de pair.

LA FRANCE DOIT-ELLE DEVENIR UNE DICTATURE ?

Le second tour de l’élection présidentielle de 2017 offre donc un choix élémentaire, caricatural, qui ne devrait pas faire partie des options proposées dans une démocratie. Marine Le Pen contre Emmanuel Macron, c’est la dictature qui s’oppose à la démocratie. Le choix est simple, évident, mais la présence à ce stade du scrutin d’une ennemie de la démocratie symbolise aussi un échec culturel et moral de notre société.

Par Patrick Aulnas ( Diplômé d’études supérieures de droit public, ancien professeur agrégé d’économie-gestions)  dans Contrepoints

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:59

L'article qui suit, publié hier par François Reynaert dans l'Obs, nous éclaire sur les racines du FN. Un point d'histoire objectif que doivent connaître les jeunes générations qui n'ont pas connu ces temps troublés et troubles pour le FN et son fondateur.

 

Stricto sensu, il est inexact de dire que le Front national "a organisé les attentats contre De Gaulle", puisqu’il n’a été fondé que dix ans après le plus célèbre d’entre eux ( l'OAS ). Il est tout à fait légitime, en revanche, de noter qu’entre ce mouvement et l’organisation qui fut effectivement derrière ces crimes, il existe une filiation directe, et revendiquée : il y a entre les deux plus que des ponts, des viaducs.

Démonstration est faite dans cet article. 

  

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 10:11

Le FN s'apprête à gagner la présidentielle, et il n'y aura pas de billet retour

Les régimes autoritaires peuvent s'installer graduellement, sans violence. Par Aurélien Leblay, consultant et expert externe pour la Commission Européenne, basé à Londres

 Le plus important de la période, c'est que l'autoritarisme est à notre porte et que les libertés publiques tremblotent. Florilège de ce qui se passe aux Etats-Unis : au Kentucky, une loi autorise les commerces à ne pas servir les personnes homosexuelles, à Washington on crie « Hail Trump » dans les rassemblements du propagandiste Richard Spencer, et l'actuel ministre de la justice trouve le KKK « OK, jusqu'à que je découvre qu'ils fument des joints » (le KKK promeut le meurtre et la torture des gens en raison de leur couleur de peau). Pour Bannon, le numéro 2 de la Maison Blanche : « Cela nous aide quand ils se trompent sur nous. Quand ils sont aveugles sur ce que nous sommes et ce que nous faisons. »

Ceux qui se rappellent l'Allemagne des années 1930 se demandent toujours : « comment a-t-on pu sombrer dans cette folie barbare » ? L'époque montre de façon limpide comment les opinions basculent dans l'irrationnel. : l'appauvrissement ou sa menace, la sensation ou l'expérience du déclassement, l'impossibilité d'envisager l'avenir des siens avec sérénité, le délaissement de l'État. Justifiées par l'assainissement des finances publiques, les politiques déflationnistes (baisses des salaires, des retraites ou des allocations, compression des dépenses publiques) renforcent la conviction que la politique ne peut plus rien. Elles créent la désespérance économique et l'attrait pour les options extrêmes. Dans ce contexte, des entrepreneurs politiques sans scrupules constatent qu'il est facile d'attiser les haines xénophobes, et excellent dans les analyses binaires et outrancières.

 L'autoritarisme en douceur

 Les régimes autoritaires peuvent s'installer graduellement, sans violence. Après l'élection, l'exécutif placera des exécutants aux postes censés préserver l'état de droit, en premier lieu la justice. Dans le même temps, on continuera de galvaniser le public. La fameuse « post-vérité » rejoint la propagande des régimes autoritaires du 20ème siècle. Ces « alternative facts » rappellent furieusement les « velines » (instructions aux journaux) de Mussolini, ou les techniques de propagande du pouvoir hitlérien, dont le responsable de la communication (Goebbels) disait : « Le détail n'est absolument pas ce qui compte, est vrai ce qui sert à mon peuple ». Il s'agit de réécrire les faits dans un sens favorable au régime : le mensonge devenu communication de masse. Si l'emblématique Breitbart News n'est pas un organe officiel, son directeur Steve Bannon est devenu le numéro 2 du pouvoir. La propagande est également à l'œuvre lorsque Trump invente sciemment un attentat en Suède (en Février 2017). Le démenti arrive en quelques minutes mais sur certains canaux seulement. A la fin, un grand nombre d'Américains retient qu'il y a bien eu un attentat en Suède.

 Des régimes discrets pour museler la presse

Il n'y aura pas d'interdiction nette de la liberté de la presse, ces régimes sont plus discrets. En Pologne, l'Etat menace les entreprises de cesser les commandes si elles achètent les espaces publicitaires des journaux indépendants. Ces-derniers disparaissent, logiquement. On peut aussi interdire la presse libre d'accéder au parlement (Pologne) ou aux conférences de presse de l'exécutif (USA).

 Pour affaiblir le suffrage universel sans le dire, il y a beaucoup de solutions. On peut utiliser les moyens de l'Etat pour intimider ou nuire aux opposants, on peut empêcher les votes non-favorables, en utilisant au besoin la violence. On peut organiser la fraude électorale à diverses échelles : plus l'administration est sous contrôle, plus on aura les coudées franches. On voit d'ailleurs comment Trump tente de reprendre la main sur les services secrets et fait dénoncer le « deep state », à savoir les fonctionnaires supposément restés fidèles à la précédente administration.

 

La fin du plafond de verre

 On peut continuer à espérer que tout s'arrangera tout seul, sauf que l'inclinaison de la pente du nationalisme-autoritaire ne s'inverse pas. En France le score du FN grandit élection après élection, il n'y a pas mille conclusions à en tirer... Pour inverser la tendance, il faut faire en sorte que le quotidien des plus fragiles s'améliore, et non pas empire année après année. « Quand les ouvriers n'y croient plus, ils deviennent des loups » ai-je pu lire un jour sur un réseau social bien connu. Laisser entrevoir des futurs meilleurs, c'est aussi simple que ça, et des pistes existent.

 Malheureusement le retournement des mentalités est un énorme rouleau compresseur très lent mais inéluctable. Le FN a obtenu 35% chez les moins de 24 ans en 2015, les jeunes sont désormais beaucoup moins vigilants que ne l'étaient leurs ainés. On peut faire des blagues à propos de Mme Le Pen. Elle est au pire naze et ridicule, mais elle n'est plus dangereuse. En mai les électeurs de gauche et a fortiori de droite se mobiliseront peu pour voter contre Le Pen au 2ème tour.

C'est bien l'abstention qui fera gagner le FN : à moins de 60% ou 65% de participation le plafond de verre devient une petite membrane en cellophane. Plus inquiétant encore :  le 2ème tour est un match binaire mondialisation heureuse contre laissés pour compte, confort des urbains contre précarité des périphéries, France qui va bien contre France qui va mal. Statu quo voire poursuite des politiques économiques, contre rupture affirmée. Un match électoral entre « gens connectés » et « gens des murs » (« web people » et « wall people » que décrit Thomas Friedman), entre l'idée de « oui » et l'idée de « non ». Je vous laisse deviner la réponse la plus en vogue. Regardons le Brexit, Trump, et toutes les prédictions pré-scrutins, et soyons un peu lucides pour une fois.

 Rien ne s'oppose à ce que le FN glisse vers l'autoritarisme une fois élu : attaques violentes contre la presse ou la justice, proximité avec les milieux identitaires, néo-nazis, et autres groupes violents, persistance de la ligne historique chez les militants, scores mirobolants chez les policiers ou les militaires, et surtout l'existence de l'article 16 de la constitution. Il faut bien se persuader que Marine le Pen sera réélue en 2022 si on lui laisse le pouvoir aujourd'hui. La propagande ou la manipulation des opinions est le principal danger, et rien ne dit du reste que les élections d'après seront libres, car on peut faire énormément de choses en 4 ou 5 ans.

 A chaque époque ses autoritarismes, il est temps qu'on se le dise bien fort et qu'on le répète autant qu'il faut. Pinailler sur les différences entre maintenant et l'Europe des années 1930 ne fait qu'atténuer l'alarme qui aurait dû nous saisir il y a longtemps. Dans l'urgence, on a peut-être encore les moyens d'empêcher la catastrophe cette année. Si nous avons cette chance il faudra s'attaquer aux origines des crises, avec lucidité et audace. Sinon, nous naviguerons en territoire inconnu.

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 12:32

Les sondeurs ne savent plus à quel saint se vouer tant les électeurs sont versatiles, circonspects, inquiets et désemparés pour un grand nombre d'entre eux. Mais y a-t-il un saint qui pourrait les renseigner ? Si oui, couvrez donc ce "saint" que je ne saurais voir, répondraient alors certains candidats quelque peu Tartuffe !

Pourtant, beaucoup d'électeurs semblent avoir fait leur choix. Néanmoins, une forte minorité n'est plus en capacité de voter utile et cherche un vote nouveau, le vote futile.

Dans sa chronique du jour, Serge Raffy analyse cette forme suprême du défaitisme.

"Dans cette pétaudière politique, de nombreux citoyens, face au désordre idéologique régnant, ne sont même plus en capacité de voter utile. Trop triste... Ils vont choisir un vote nouveau : le vote "futile". Faut-il en rire ou en pleurer ? Ils glisseront un bulletin dans l’urne pour un candidat qui les détend, les amuse, leur apporte une forme de nouveauté, de bol d’air, de frisson dans le dos, sans s’attarder sur leur programme, parce qu’ils anticipent déjà le fait que les promesses des uns et des autres se heurteront inévitablement au mur du réel. Le vote "futile" est une forme suprême du défaitisme, de désenchantement, de petite déprime électorale, qu’on sublime en jouant la carte "fun". Je vote, donc je fuis ?
 
C’est bien ce qui terrifie les sondeurs et les chroniqueurs politiques, dont je suis, emberlificotés dans des justifications rationnelles à cette grande énigme électorale. Cet angle mort de l’ennui, où une catégorie inconnue de votants comparent la présidentielle à une forme de jeu de Loto, ou une série télé, peut provoquer des catastrophes. On entend souvent autour de nous les rires vengeurs de ces militants du parti de la futilité qui ont choisi le vote décalé, à contre-courant, le vote contre-pied, voire pied de nez, pour marquer, non pas une adhésion à un projet de société, mais un ras-le-bol à l’égard de cette interminable campagne qui dure depuis près d’un an, primaires de la droite et de la gauche obligent ".
 
Prenons garde à ce vote de futilité; car l'élection du président de la République est un acte important qui engage notre pays pour cinq ans.
Ceux que l'on appelle les "petits candidats", fort respectables par ailleurs, n'ont plus grande chance d'accéder au deuxième tour. Parmi les quatre "grands prétendants ", deux me semblent déconnectés des réalités du monde actuel car quitter l'Europe et abandonner la monnaie unique serait un saut périlleux dans l'inconnu.
Entre futilité et utilité, le choix de la raison s'impose.
Restent les deux autres " grands candidats "; mon choix personnel est fait: le moins clivant donc le plus rassembleur...
vote utile ET de conviction donc d'adhésion.
Emmanuel MACRON.
 
Jean Pierre DERUELLE
Présidentielle: vote utile ou vote futile ?
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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 16:38

Les croisés de la repentance peuvent se réjouir : un personnage de poids, le président de la République lui-même, vient de battre sa coulpe. Non qu’il s’excuse auprès des Français de la persistance du chômage ou de l’accroissement de la dette, faut pas rêver quand même, il y a des limites à la flagellation. Mais, en marge du tournage du documentaire de Canal+ « Moi, candidat », il confesse sa faute : ne pas avoir raccompagné Sarkozy à sa voiture il y a cinq ans. Une poignée de mains sur le perron de l’Elysée et hop les talons tournés. Voilà donc le futur ex « désolé » qui « regrette » d’avoir donné l’impression d’être « discourtois ». Comme quoi tout arrive. Sûr que dans une dizaine d’années, la bande des 11 de mardi se navrera des quelques piques qu’elle a échangées.

Michel Schifres

Moi repentant....
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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 16:21

France Culture a interrogé le physicien Serge Galam, spécialiste de la socio-physique.

 Le "plafond de verre" qui empêche Marine Le Pen d'accéder à l'Elysée serait-il de plus en plus fragile ? Il se serait même fissuré. Telle est l'hypothèse du physicien Serge Galam. Ce spécialiste des systèmes désordonnés, qui a rejoint le Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences Po), avait prédit, dès l'été 2016, la victoire de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

Comment la physique peut-elle nous éclairer sur ce point ?

Un sondage donne l'image à un moment de l'opinion. Simplement, la question est de savoir comment lorsque l'on passe d'une image à une autre, jour après jour, quels sont les mécanismes qui permettent de passer d'une image, à celle de demain, puis celle d'après-demain puis à celle dans une semaine, dans un mois... Ca, on peut l'obtenir soit par des extrapolations, des analyses du passé, soit par une compréhension des mécaniques qui font que des individus lors d'une campagne vont changer éventuellement d'opinion. Ce que je développe, moi et d'autres physiciens à travers le monde dans le cadre de la socio-physique, c'est d'essayer d'appréhender ces mécanismes en identifiant des mécanismes d'interaction entre individus, qui font qu'à un moment donné certains vont changer d'opinion.

Grâce à cette méthode vous étiez arrivé à la conclusion que l'élection de Marine le Pen était passée d'impossible à improbable. Désormais il y a une proportion non nulle pour que la candidate soit élue à la Présidence de la République. Comment êtes-vous arrivé à ces deux conclusions ?

Le premier stade se fonde sur cette dynamique d'opinion. Lorsqu'on l'étudie avec les hypothèses qu'on utilise, on obtient ce fameux plafond de verre qui aujourd'hui est beaucoup moins fort qu'il y a dix ou quinze ans, mais qui est toujours actif. L'élément nouveau c'est que jusqu'à maintenant, nous avons avions le vote honteux pour le Front national.
Mon hypothèse c'est que nous allons avoir une "abstention inavouée". Pour Macron ou Fillon, ce sont les deux cas que je considère, c'est de dire que pour l'un et l'autre, certains électeurs disent encore aujourd'hui vouloir s'opposer au FN. Mais ont une répulsion très forte à voter pour l'un ou pour l'autre. Le jour du vote, c'est tellement pénible, comme un médicament indigeste à devoir prendre avec aversion, que lorsque l'occasion de ne pas l'utiliser se présente, et bien vous allez oublier. Ce n'est pas quelque chose que je prouve, mais par un calcul, on peut voir l'impact que cela aura en fonction de l'amplitude de ce phénomène. Donc si l'abstention inavouée est plus ou moins forte, nous allons avoir une abstention différenciée entre les deux candidats parce que les gens qui veulent voter pour Marine le Pen, veulent voter pour elle. Concernant Fillon ou Macron, une partie voudra voter pour ces candidats, quand une autre souhaitera voter contre le Pen. Mais il y a un coût : une partie oubliera de le faire. Ce qui fait qu'avec moins de 50 % d’intentions de vote, Marine le Pen peut se retrouver avec plus de 50% de votes exprimés. Il y a une faille de taille dans le plafond de verre.

"L'abstention inavouée" peut-elle faire gagner Marine Le Pen
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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:56

Le 23 avril, les électeurs feront-ils un choix conforme aux enquêtes d’opinion ? A droite et au FN, on développe la théorie du « vote caché », en opposition à « la mode » Macron. Les sondeurs sont plus sceptiques

Les faits. A 23 jours du premier tour de l’élection présidentielle, les enquêtes d’opinion se ressemblent. Emmanuel Macron et Marine Le Pen tiennent le duo de tête et distancent de plusieurs points François Fillon. Mais certains à droite défendent la thèse du « vote caché », selon laquelle une partie des électeurs n’avouent pas aujourd’hui voter pour le candidat LR, abîmé par les affaires, mais finiront par le faire. Plus que caché, le vote des électeurs est fluctuant. Et la part d’indécis rend tout pronostic aventureux.

C’est une enquête qui en réconforte certains à droite. La société canadienne Filteris analyse le poids numérique des candidats sur les réseaux sociaux, les buzz et perceptions positives et négatives. Selon ces critères, François Fillon devance Emmanuel Macron et se place derrière Marine Le Pen. Cela peut paraître anecdotique puisqu’il ne s’agit pas d’intentions de votes. Mais si cette étude trouve un certain écho dans la fillonnie, c’est parce que cette même société avait capté le fort intérêt autour du candidat avant sa victoire à la primaire de la droite.

Et surtout, cela vient un peu plus accréditer l’idée de plus en plus répandue dans le camp Fillon selon laquelle il existerait un « vote caché » pour le candidat LR. « Le vote Fillon est peut-être sous évalué parce qu’il n’est plus politiquement correct », estime le député de la Drôme Hervé Mariton. « Entre le terrain et les sondages, il y a toujours un temps de décalage. François Fillon va augmenter et Emmanuel Macron va baisser. Une partie de notre électorat est en train de se décongeler », pronostique un député LR.

Voilà qui permet à la droite, de plus en plus désemparée, de se rassurer. Mais le vote caché existe-t-il vraiment ? Les sondeurs restent sceptiques. D’abord parce que les personnes interrogées ne le sont plus en face-à-face ou au téléphone mais via Internet. L’anonymat et le simple clic permettent de franchir l’obstacle psychologique du « vote honteux ». « Aujourd’hui la plupart des enquêtes se font en ligne. Avec ce mode de recueil, il n’y a pas de problème à confesser un vote pour un candidat mis en examen ou un candidat frontiste », confirme Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

Le pari de l’abstention. Et la thèse du vote caché ne résiste pas toujours à l’épreuve des faits. Nicolas Sarkozy avait invoqué cet argument lors de la primaire de la droite. « Le vote caché est plus sur moi que sur Marine Le Pen », affirmait-il au JDD début octobre. A la présidentielle de 2012 déjà, le Président sortant développait cette thèse. Dans les deux cas, les électeurs sont restés cachés jusqu’au bout et l’ancien Président a échoué. Aujourd’hui, les sarkozystes en ont tiré les leçons et estiment que le vote caché n’existe pas.

Longtemps, la notion de « vote caché » a été attribuée au Front national, souvent sous-estimé dans les sondages. Avec 25,5 % des intentions de vote dans le Rolling de l’Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio publié jeudi, Marine Le Pen l’est-elle aussi ? Cette étude quotidienne ne lui a jamais accordé plus de 27 %, alors que le Front national a obtenu 27,7 % au premier tour des élections régionales de décembre 2015.

Participation. Dans l’entourage de la candidate, on a évidemment intérêt à affirmer qu’elle terminera beaucoup plus haut, au-dessus de 30 %, le 23 avril. Avec un argument : le taux de participation mesuré actuellement par l’Ifop est de 63 %. Mais il est beaucoup plus bas chez les moins de 35 ans (52 %), les travailleurs indépendants (57 %), les ouvriers (55 %) et les employés (53 %). Ces catégories votant fortement pour le FN, le parti fait donc le pari qu’une participation finalement plus importante profitera à Marine Le Pen.

Le vote pourrait en effet se cacher dans l’abstention. « Les électeurs de droite en France représentent plus que les 18 % attribués aujourd’hui à François Fillon. Il peut donc y avoir une surabstention de cet électorat d’une part et d’autre part, un vote réceptacle des électeurs de droite à l’endroit des petits candidats, comme Nicolas Dupont-Aignan », souligne Frédéric Dabi. Aujourd’hui, l’abstention est évaluée autour de 36 % selon l’Ifop, soit huit points de plus qu’à la présidentielle de 2002, qui avait connu une abstention record.

Polarisation. A gauche, personne n’évoque un éventuel vote caché. En revanche, au PS, on est convaincu que le score de Benoît Hamon dans les sondages est inférieur à celui qui sera dans les urnes mais selon une autre mécanique que celle d’une réserve de voix masquée. « Les sondages sont le reflet d’une campagne compliquée. Aujourd’hui, les gens qui sont sollicités sur leur intention de vote se déterminent davantage sur la question : votre candidat fait-il ou non une bonne campagne ? Mais dans l’isoloir, les électeurs vont retrouver les fondamentaux du vote pour Benoît Hamon, ils vont réactiver le clivage gauche-droite », analyse le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

Dans l’entourage du candidat socialiste, on insiste aussi sur l’absence de « cristallisation ». « Les électeurs sont perdus. La tectonique des plaques, avec Manuel Valls qui se rallie à Emmanuel Macron et qui affirme pouvoir travailler avec François Fillon, est très présente. Tout va donc se jouer dans les derniers jours », affirme Mathieu Hanotin, codirecteur de la campagne.

Parmi les proches de Benoît Hamon, on observe aussi « la mode » qui entoure en quelque sorte Emmanuel Macron. Un vote qui nierait l’existence des traditionnels affrontements politiques. « Pour les électeurs, la polarisation traditionnelle gauche-droite a encore du sens », souligne Emmanuel Rivière, directeur général de Kantar France (Sofres). Ce qui est nouveau dans cette campagne, ce sont les questions sur la place du curseur ».

Indécis. Plus que caché, le vote des électeurs est surtout fluctuant. Ainsi, dans le secret de l’isoloir, les Français tentés par l’aventure Macron pourraient-ils finalement se rabattre sur François Fillon, homme de droite qu’ils connaissent depuis trente ans ? Et ceux qui se refusaient jusque-là à voter Front national pourraient-ils glisser le bulletin de Marine Le Pen dans l’urne, dégoûtés par les affaires Fillon ? La part d’indécis rend tout pronostic aventureux. Selon un sondage Odoxa pour France Info publié le 24 mars, 43 % des Français ne savent toujours pas pour qui voter.

Un autre ressort, plus psychologique cette fois, pourrait aussi chambouler les résultats. « En général, la raison l’emporte sur le plaisir, explique Emmanuel Rivière. En 2012, Jean-Luc Mélenchon a subi cette règle en dégringolant dans les sondages au fur et à mesure que l’on se rapprochait du premier tour. Les électeurs, pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, se sont résolus à voter François Hollande. Cette année, pour la première fois, cela pourrait être l’inverse, le désir pourrait l’emporter sur la raison, à gauche comme à droite. C’est précisément la mécanique du vote caché ». Lequel reflète une envie, pas un calcul. Mais, prévient Emmanuel Rivière, « le vote caché est mauvais signe. Cela n’atteste pas d’une capacité de rassemblement du candidat susceptible d’en bénéficier ».

L'Opinion du 31.03.2017

 

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