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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 18:13

Ce que nous disent Sun Tzu, La Fontaine ou Machiavel ? Que pour convaincre, séduire et gagner, il faut savoir comprendre les attentes de sa cible. Retour aux textes fondamentaux de la réussite.

 

"Le Corbeau et le Renard". Illustration anonyme pour Les Fables de Jean de La Fontaine.  Imagerie de Pont-à-Mousson, vers 1880. Collection privée."Le Corbeau et le Renard". Illustration anonyme pour L

Les Fables de Jean de La Fontaine.  Imagerie de Pont-à-Mousson, vers 1880. Collection privée. © leemage

Le pouvoir de la flatterie

Flatter celui dont on veut obtenir quelque chose, cela marche toujours. Depuis Ésope et La Fontaine, rien de nouveau sous le soleil. Explication de texte.

Publié le  | Le Point
"Le Corbeau et le Renard" de Jean de La Fontaine. Chromolithographie du XIXe siècle. 
"Le Corbeau et le Renard" de Jean de La Fontaine. Chromolithographie du XIXe siècle.  © Bianchetti/leemage/Collection privée
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 18:39

 

LA QUESTION POSÉE PAR ADÈLE, 4 ANS. Savoir gérer la différence, ne pas la craindre, rendra l’enfant moins inquiet du monde qui l’entoure et moins agressif face à l’inconnu.

Il est important d’expliquer le bonheur des différences aux enfants pour lutter contre le racisme / Pavel Losevsky - Fotolia

« Pourquoi Khadija, elle a la peau toute marron ? », demande Adèle à sa maman en sortant de l’école. Noir, Métis, Blanc ou Jaune, à trois ou quatre ans, cela ne veut pas dire grand-chose… Et ce n’est souvent qu’à partir du moment où l’enfant cherche à se décrire – en général à la maternelle –, que cette prise de conscience se fait.

Mais cette confrontation avec d’autres enfants qui ont une couleur de peau différente inquiète l’enfant autant qu’elle l’intrigue, justement parce qu’il n’est pas encore très sûr de son identité. Il est donc essentiel d’évoquer devant lui cette question de manière positive.

Tous les enfants naissent, grandissent et aiment de la même façon

Notre apparence vient des gènes que nos parents nous ont transmis, gènes qu’ils tenaient eux-mêmes de leurs parents. Ainsi, par exemple, vous pouvez montrer à votre enfant que ses cheveux frisés lui viennent de sa grand-mère maternelle et que la jolie couleur de ses yeux lui vient de son père ! Vous pouvez aussi lui expliquer que tous les petits enfants, quelle que soit leur couleur de peau, naissent, grandissent et aiment leur famille de la même façon !

Il ne s’agit pas pour autant de nier les différences, car – la preuve en est – ils les perçoivent très bien. Mais, simplement de leur dire que, au-delà de ce cas particulier, le monde est composé d’hommes et de femmes avec des couleurs de peau et des langues différentes, qui vivent dans d’autres pays, avec d’autres coutumes.

Ne pas craindre la différence

Il est certain qu’aujourd’hui les petits enfants sont davantage confrontés à la diversité ethnique et raciale. Et les mariages mixtes sont de plus en plus fréquents, signe que la mixité fait moins peur. Cependant, il n’empêche que notre monde est particulièrement confronté au racisme. Et une éducation qui respecte et valorise la différence donnera à l’enfant une certaine liberté intérieure… Savoir gérer la différence, ne pas la craindre, le rendra moins inquiet du monde qui l’entoure, et moins agressif face à l’inconnu.

Si les enfants ne sont pas spontanément intolérants, il est vrai que s’ils entendent des adultes tenir des propos racistes, ils peuvent les reprendre à leur compte, par mimétisme. Car certes l’école a une responsabilité dans cette éducation à la diversité, mais la famille joue un rôle tout aussi essentiel.

Si certains adultes se sentent un peu démunis pour en parler avec l’enfant, il existe aujourd’hui beaucoup de livres écrits pour eux, qui pourront ensuite servir de base de discussion. Une façon ludique d’expliquer que la différence de peau ne doit pas générer de la méfiance, mais plutôt de la curiosité, du désir de connaître de nouveaux pays, de nouvelles coutumes… Bref de leur faire toucher du doigt la richesse et la diversité de l’humanité.

Évelyne Montigny dans la Croix

Commentaires:

 L’éducation est une digue contre le racisme

 Petit rappel aux ( vrais ) croyants Matthieu 25, 34-40 )

  « Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. »

« Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. »

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 19:32

Comment Benoît Hamon a braqué la primaire de la gauche

Comment Benoît Hamon a-t-il réussi à s’imposer dans la primaire de la gauche  ? Comment l’éternel apparatchik du PS, engagé en politique depuis trente ans, qui a signé à peu près toutes les synthèses hollandaises, qui fut ministre durant la première moitié du quinquennat, fit voter la loi qui ouvre à la concurrence le secteur des lunettes, qui fut le coartisan de l’accession de Manuel Valls au poste de Premier ministre, et le ministre de l’Education nationale le plus éphémère et inopérant que la gauche ait donné au pays, a-t-il réussi à incarner un «  futur désirable  » aux yeux d’une partie de la gauche  ? Le tour de force fera sans doute l’objet d’études approfondies dans les instituts de science politique. En attendant, un premier constat s’impose  : le candidat Hamon a été porté en tête du classement au premier tour par une vague qui déborde largement… sur la gauche du Parti socialiste. «  Benoît Hamon fait un score honorable dans l’électorat socialiste, mais c’est dans l’électorat du Front de gauche et écologiste qu’il fait la différence avec Manuel Valls  », souligne Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès.

( L'Opinion )

Revenu universel, fin du travail, écologie… Le concurrent de Manuel Valls a dépoussiéré de vieilles idées, avec une stratégie précise : cibler des catégories de population favorables à la gauche bien au-delà du PS

Revenu universel, fin du travail, écologie… Le concurrent de Manuel Valls a dépoussiéré de vieilles idées, avec une stratégie précise : cibler des catégories de population favorables à la gauche bien au-delà du PS

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 18:52

À l’heure où sous prétexte de simplifier la grammaire de la langue française, on veut nous imposer le « prédicat », qu’il fait bon retourner aux vraies valeurs qui ont toujours guidé le bon sens avant qu’on ne songe, par pessimisme, à réinventer le monde.

Le « prédicat », vous ne connaissez pas ? Il fallait l’inventer. Il est sorti, ça y est. Nous voilà sauvés…Il est vrai que le cerveau humain avait tendance à se rétrécir ces derniers temps.

L’Éducation nationale, jamais avare de réformes et de simplifications, se devait de sauver notre humanité en péril et faire table rase de ce passé révolu qui a vu tant de générations souffrir.

Le trésor des savoirs oubliés

Et si, un jour, nous retrouvions les savoirs oubliés ? Si nous finissions par nous rendre compte que, à tout compter, les anciennes méthodes d’apprentissage de la lecture, de l’écriture, de la grammaire, de l’histoire, que sais-je encore, n’avaient pas de si mauvais résultats ?

L’importance de la transmission

Prendre conscience de tout ce que recèle notre esprit – savoirs, souvenirs, vécu personnel, mais aussi transmission de connaissances, d’une culture, des valeurs d’une civilisation – est une expérience intéressante.

Dans un livre remarquable, Jacqueline de Romilly dans Le Trésor des savoirs oubliés, explique que pour véhiculer un message, il faut insister sur le rôle primordial de l’éducation et de la formation, sans lesquels notre civilisation perd sa mémoire, distend les liens qui la façonnent et aboutit à la décadence.

À partir de là, anecdotes et raisonnements de fond s’enchaînent pour remonter des souvenirs les plus proches à ceux qui sont les plus profondément enfouis en nous, ceux qui ont valeur d’héritage des trésors de la civilisation.

Complexité, paradoxes et tâtonnements, repères, culture, valeurs, apprentissage, autant de mots-clés rattachés à la formation et l’organisation de la mémoire, que l’auteur s’attache à décrire. Dans une grande leçon et avec un message primordial, qui est que c’est la vie morale et affective qui en dépend.

Johan Rivalland, journaliste qui a analysé et aimé ce livre, écrit :

" Je ne pourrai donner plus d’éléments sur cet ouvrage. Je regrette moi-même les fortes défaillances de ma mémoire qui font que, même lorsque j’ai beaucoup aimé un livre, je n’en garde qu’un vague souvenir, très imprécis, plutôt des sensations, ici très agréables puisque je sais que ce livre lui-même fait partie des trésors que recèle ma propre mémoire et que seule une relecture pourrait me faire redécouvrir. Mais combien de vies me faudrait-il pour relire tous les livres que j’ai aimés, tout en disposant suffisamment de temps pour découvrir tous ceux que je n’ai pas encore lus ? Terrible dilemme "

Jacqueline de Romilly, Le Trésor des savoirs oubliés, Éditions de Fallois, mars 1998, 188 pages

Jacqueline de Romilly, Le Trésor des savoirs oubliés, Éditions de Fallois, mars 1998, 188 pages

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 16:10

J’atteste qu’il n’y a d’Être humain
que Celui dont le cœur tremble d’amour
pour tous ses frères en humanité

Celui qui désire ardemment
 plus pour eux que pour lui-même
 liberté, paix, dignité
Celui qui considère que la Vie
est encore plus sacrée
que ses croyances et ses divinités
J’atteste qu’il n’y a d’Être humain
que Celui qui combat sans relâche la Haine
en lui et autour de lui
Celui qui dès qu’il ouvre les yeux au matin

 se pose la question :
Que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre
ma qualité et ma fierté
d’être homme ?

 

                                                Abdellatif Laâbi

Abdellatif Laâbi, né à Fès en 1942, est un poète, écrivain et traducteur marocain. Il a fondé en 1966 la revue Souffles qui jouera un rôle considérable dans le renouvellement culturel au Maghreb. Son combat lui vaut d'être emprisonné de 1972 à 1980.

Distinctions et récompenses : Prix Goncourt de la poésie

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 17:22

Une étude de terrain permet de mesurer les conséquences de la réforme du collège sur l'enseignement des langues anciennes : en un mot, c'est une catastrophe.

 

Ce fut une polémique majeure lors de la présentation de la réforme du collège. Le latin et le grec perdaient leur statut d'enseignement disciplinaire, s'insurgeaient les professeurs de lettres classiques. Ils bénéficiaient, au contraire, d'une démocratisation en étant mis à la portée de tous les élèves, assurait la Rue de Grenelle.

Plus de deux mois après la rentrée scolaire, l'association « Arrête Ton Char ! Les langues et cultures de l'Antiquité aujourd'hui » rend publics les résultats d'une enquête menée auprès de 556 collèges dans une lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem. Celle-ci passe au banc d'essai les trois dispositifs proposés par la ministre pour promouvoir le « latin pour tous ». Bilan ? Une catastrophe !

Passons sur la première initiative, qui prévoit le renforcement, dans les cours de français, de l'étude d'« éléments linguistiques et culturels » du latin et du grec ancien. Il ne s'agit nullement d'une innovation, puisque les programmes datant de 2008 prévoyaient déjà un tel dispositif.

Second volet : l'enseignement pratique interdisciplinaire ou EPI, le nouveau gadget de la réforme des collèges, consacré aux langues et civilisations anciennes (LCA). Censé offrir à chacun un accès au latin et au grec, il n'est pas effectif partout, loin s'en faut. 11 % des collèges consultés n'en proposent pas du tout. Et si 75 % le font au niveau de la cinquième, ils ne sont plus que 14 % en quatrième et 11 % en troisième. Très insuffisant pour assurer un accès aux langues et civilisations anciennes pour le plus grand nombre.

Un enfer éventuellement pavé de bonnes intentions

Hypocrisie suprême : dans près de 70 % des cas, ces enseignements s'effectuent « chacun dans sa classe ». Autrement dit, il n'a rien d'interdisciplinaire. La réforme, de ce fait, n'a pour seul résultat que d'avoir baissé de 40 % le temps dévolu à l'enseignement des langues anciennes au collège.

Devant la broncha provoquée par la suppression du latin et du grec comme disciplines à part entière, le ministère de l'Éducation nationale a bricolé à la hâte un « enseignement de complément » destiné à ceux qui souhaiteraient approfondir ce qu'ils ont découvert dans l'EPI consacré aux langues et civilisations anciennes. Mais ces enseignements sont négociés au cas par cas dans les heures de marge dont dispose chaque chef d'établissement et sont l'objet d'une concurrence féroce. Résultat : l'enseignement du grec a d'ores et déjà disparu dans les établissements qui le proposaient auparavant.

À supposer qu'elle soit pavée de bonnes intentions, cette réforme ressemble plutôt à l'enfer pour les professeurs de lettres classiques et leurs élèves.

 

 Publié le  Le Point.fr
Traduction latine, Najah?

Traduction latine, Najah?

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 19:24

Il y a quelques jours ,à l’approche d’un rond-point, considérant sans doute que je ne roulais pas assez rapidement , une demoiselle arborant un « A » à l’arrière de sa voiture , m’a doublé à l’intérieur du rond-point , pour sortir, comme moi à la sortie diamétralement opposée , elle sur la file de gauche et moi , évidemment sur la file de droite.

En me doublant , elle m’a montré que le majeur de sa main droite était atteint d’une raideur qui , malheureusement le tenait droit alors que les autres doigts étaient repliés.

Comme j’ai passé mon permis de conduire à une époque où le seul rond-point que je connaissais était celui que je retrouvais souvent , tracé en rouge , sur mes devoirs de maths , j’ai demandé à mon ami Gogole de m’éclairer sur la conduite à tenir dans les ronds-points.

Alors , pour cette pauvre demoiselle rhumatisante et pour tous ceux qui voudront bien le lire , voici un résumé de ce que j’ai pu apprendre et qui risque de remettre en cause les affirmations de ceux qui coupent les ronds-points :

Art. R412-9

« En marche normale, tout conducteur doit maintenir son véhicule près du bord droit de la chaussée, autant que le lui permet l’état ou le profil de celle-ci.

Toutefois, un conducteur qui pénètre sur un carrefour à sens giratoire comportant plusieurs voies de circulation en vue d’emprunter une sortie située sur sa gauche par rapport à son axe d’entrée peut serrer à gauche. »

Ce qui veut dire que le conducteur PEUT prendre la voie de gauche, mais ce n’est pas une obligation ! En d’autres termes:

A l’entrée du rond-point, on n’est pas obligé de se placer par rapport à la sortie que l’on souhaite prendre.

On peut faire le tour complet d’un rond-point tout en restant sur la voie de droite (voire 2 ou 3 fois si on s’est perdu )

Les multiples voies d’un rond-point sont uniquement des commodités qui permettent d’éviter de bloquer tout le monde si une des sorties est bouchonnée.

Art. R415-10

« Tout conducteur abordant un carrefour à sens giratoire est tenu, quel que soit le classement de la route qu’il s’apprête à quitter, de céder le passage aux usagers circulant sur la chaussée qui ceinture le carrefour à sens giratoire. »

Art. R415-3

« Tout conducteur s’apprêtant à quitter une route sur sa droite doit serrer le bord droit de la chaussée. »

Ce qui veut dire que:

Pour sortir d’un rond-point, il faut impérativement se trouver sur la voie de droite (au moins une sortie avant la sortie que l’on va prendre).

Il est interdit de couper les ronds-points.

Il est interdit de couper la route à un autre conducteur.

En résumé:

On peut choisir la voie que l’on veut à l’entrée d’un rond-point.

On peut rester tout le temps sur la voie de droite.

Contrairement à ce que la majorité des gens pense, les assurances ne partagent pas systématiquement les responsabilités en cas d’accident dans un rond-point . !

 

Pour finir , je conseille à la demoiselle handicapée du majeur droit :

- De relire la totalité du code de la route ici http://urlz.fr/4jbA

- De tenir son majeur droit dans un endroit chaud à température constante…dont je lui laisse le choix suivant ses goûts et ses habitudes.

 

Bertrand COCQ

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 17:09

...La réponse de KAK sur l'Opinion...

 

...et celles de Irène Inchauspé et Hugo Sedouramane:

 

Rien ne sert de paniquer comme un « néo-luddites » ou de rester béat comme un « Schumpeter-maniac », mieux vaut adapter le principe de Lavoisier: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tous les jobs transforment »...

 

Depuis Keynes en 1930, certains prophétisent que l’automatisation, la robotisation, l’intelligence artificielle et les progrès du numérique conduiront à un chômage technologique de masse. Un pessimisme teinté de malthusianisme que rien ne justifie aujourd’hui.

L’avion sans pilote n’est pas pour demain. Lors du salon aéronautique de Farnborough qui s’est tenu près de Londres du 10 au 14 juillet, Boeing a fait une annonce spectaculaire. Selon ses prévisions, les compagnies aériennes vont embaucher près de 1,5 million de pilotes et techniciens dans les vingt prochaines années, à travers le monde. Ceci alors que, comme son concurrent Airbus, il commence à faire appel à des processus automatisés… c’est-à-dire à des robots.

Cette annonce devrait rassurer quelque peu ceux qui s’alarment de l’irruption des nouvelles technologies, redoutant qu’elles laminent les millions de jobs ayant fait la prospérité des classes moyennes et des économies développées. « Au XIXe siècle, la machine a remplacé le cheval qui ne s’est pas plaint et a disparu comme outil de travail, rappelle l’économiste Jean-Marc Daniel. Au XXIe siècle, elle remplace les cerveaux, ce qui crée beaucoup d’inquiétudes, notamment chez ceux qui ont des emplois peu qualifiés ».

Les plus pessimistes, ceux qui envisagent sans sourciller la perspective d’un chômage massif créé par la numérisation de l’économie, pourraient être qualifiés de « néo-luddites ». Dès le début du XIXe siècle, les disciples de Ned Ludd prétendaient s’opposer à l’avènement du métier à tisser mécanisé au motif que cette géniale invention priverait les ouvriers de travail.

À ceux-là, on peut opposer les chiffres suivants. En France, nous avons 125 robots industriels pour 10 000 emplois manufacturiers, en Allemagne, 261 et en Corée du Sud, 347. En regard, le taux de chômage en France est de 10 %, en Allemagne de 6,2 % et de 3,7 % en Corée. Il est possible aussi de leur rappeler autre chose. « Alors qu’elle fait partie des plus robotisées au monde, l’industrie automobile allemande emploie encore plus de 800 000 salariés en 2015, soit autant qu’il y a dix ans et 100 000 de plus qu’il y a vingt ans », comme le note Nicolas Le Ru, auteur du rapport de France stratégie intitulé « L’effet de l’automatisation sur l’emploi, ce que l’on sait et ce qu’on ignore ».

Métiers routiniers. Enfin, Emmanuel Macron, répondant à une question d’un député le 24 mai 2016, a indiqué que « la France a pris un retard par rapport à ses voisins dans la robotisation dans les années 1990 ». « Est-ce que c’est cela qui a protégé l’emploi industriel ? Non, parce que la première décennie des années 2000 a montré l’effondrement de l’emploi industriel en France », a poursuivi le ministre de l’Économie, concluant que le « robot n’est pas l’ennemi de l’emploi ».

Il serait pour autant hasardeux de tomber dans la « Schumpeter-mania » et de considérer que la théorie de la « destruction créatrice » de l’économiste autrichien va assurer une transition heureuse vers un nouveau monde. Ses adeptes soutiennent que, si des métiers manuels ou de service à caractère routinier disparaissent (souvent parmi les plus pénibles physiquement), ils seront remplacés par des métiers nécessitant une intelligence fine et créatrice et des compétences sociales. Autant de qualités qu’un robot ne saurait avoir. Ce n’est pas aussi simple.

« La bonne façon de poser la question n’est pas de demander s’il restera des emplois, écrit Jean Tirole dans son livre “Économie du bien commun”. La vraie question est de savoir s’il existera suffisamment d’emplois rémunérés par des salaires que la société considérera comme décents ».

Il est évident que les prédictions alarmistes sur la disparition de l’emploi ne se sont jamais réalisées alors que nous avons connu plus de deux siècles de révolutions technologiques diverses. Mais la révolution numérique va très vite et il n’est pas sûr que les nouveaux emplois se créent au même rythme que ceux que qui disparaissent. « La bonne façon de poser la question n’est pas de demander s’il restera des emplois, écrit Jean Tirole dans son livreÉconomie du bien commun. La vraie question est de savoir s’il existera suffisamment d’emplois rémunérés par des salaires que la société considérera comme décents ».

Pour que ces rémunérations ne soient pas trop basses, la formation est un enjeu essentiel. Plutôt que de se ranger dans le camp des « néo-luddites » ou des « Schumpeter-maniacs », mieux vaudrait adopter le principe de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Et tâcher d’accompagner au mieux cette transformation. « Face au développement du numérique, le contenu des métiers évolue, explique ainsi Nicolas Le Ru. Il se concentre sur des tâches pour lesquelles les travailleurs ont un avantage comparatif sur les automates, dans une complémentarité entre la machine et l’homme ».

Humanoïde. Malheureusement en France, la culture de la robotique influencée par la fiction a longtemps imposé l’idée du robot humanoïde qui remplace l’homme. « Cela ne fait qu’une dizaine d’années qu’on dit qu’il complétera l’homme », explique Bruno Bonnell, entrepreneur récidiviste et créateur du fonds d’investissement Robolution Capital spécialisé dans la robotique. Il travaille avec Emmanuele Levi, le dirigeant de 360 Capital Partners, qui gère ce fonds. Ce dernier explique : « S’il y a dans le numérique une structure d’offre de capitaux depuis quinze ans, la robotique est le prochain sujet d’investissement en France ».

Bien que tous les domaines et tous les secteurs soient concernés par ce sujet de transformation, l’offre de talents reste limitée à l’échelle internationale. « C’est comme le marché de l’art, souligne Bruno Bonnell. Quand Zimmer Biomet rachète Medtech, c’est pour ses talents. Et les chiffres sont parfois astronomiques : l’Américain Cruise Automation, une start-up spécialisée dans les véhicules autonomes, a été racheté par General Motors plus d’un milliard de dollars. Il est impossible de trouver des groupes européens capables de débourser autant », déplore-t-il.

Toutefois, les écoles d’ingénieurs françaises développent de plus en plus de formations spécialisées dans la robotique. Car il ne faut pas considérer un robot comme un produit comme un autre. Les logiciels et la logique mécanique de ces bijoux technologiques sont différents que ce que l’industrie des nouvelles technologies a pu connaître par le passé : « Par exemple, la chaleur d’une route va avoir un impact sur le logiciel d’un véhicule autonome », explique Bruno Bonnell. On ne peut donc pas considérer la robotique comme un simple mariage entre les logiciels et la mécanique : c’est un nouveau secteur technologique qui naît.

« La France est lente pour adopter des technologies mais sait bien rattraper ses retards », conclut-il. Tous les espoirs sont permis.

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 14:44

A Saint-Etienne-du -Rouvray, le 26 juillet. Photo Pascal Rossignol. Reuters

 

Sans doute saurons-nous bientôt si le lâche assassinat du père Jacques Hamel a été imaginé en Syrie ou si le crime est né dans le cerveau d’un jihadiste local radicalisé par la propagande de l’EI. Peu importe, après tout. Une nouvelle fois, nous sommes saisis. Ce dernier attentat est pourtant loin d’être aussi sanglant que le précédent, mais il nous sidère encore. Commandité ou pas, douze jours après Nice, l’EI trouve le moyen de s’attaquer, en France, à un nouveau symbole, donnant à chaque mesure antiterroriste imaginée après l’horreur un caractère dérisoire et inutile.

Depuis 2012, les jihadistes auront donc tué des enfants et des adultes, des juifs, des musulmans et des catholiques, des dessinateurs athées, des militaires et des policiers, des fêtards et des promeneurs du 14 Juillet... Cette succession d’attentats, tous différents, donne l’impression que l’EI nous amène inexorablement sur son terrain, comme si l’organisation dictait la règle du jeu et anticipait les mouvements paniqués de ses adversaires. Ne tombons pas dans les pièges de Daech. A commencer par les politiques, aux affaires ou dans l’opposition, et les médias. Tous ceux qui aspirent à devenir «responsables» savent que le terrorisme ne parviendra jamais à abattre notre mode de vie. Aucune armée ne menace sérieusement notre pays, notre Constitution, nos libertés, nos frontières. Aucune ligne Maginot, encore moins celle qu’on dressera à grands coups de menton et de pseudo-valeurs pour donner l’impression que quelqu’un tient le manche, ne fera preuve de garantie totale.

Notre autre ennemi, c’est nous-mêmes, c’est l’impatience, l’irresponsabilité de faire croire qu’on peut tout régler en sacrifiant l’Etat de droit, en surfant sur la rhétorique du choc des civilisations. Il faut plus que jamais refuser d’être entraîné sur le terrain de la division et de cette irresponsabilité politique qui consiste à préférer remporter une primaire et une présidentielle à tout prix. Et à croire qu’on peut prendre de vitesse le FN dans cette inepte surenchère, comme l’espère l’EI. Le combat contre le jihad ne se règlera pas d’ici mai 2017. Donner plus de moyens humains aux services de renseignement, les rendre plus performants que jamais, lutter contre l’imaginaire de Daech, conduire des actions sur le terrain contre les réseaux de financement occulte et les commanditaires produira des résultats dans plusieurs quinquennats sans doute. Enfin, il faut cesser de croire que nous sommes seuls à être dans le collimateur de Daech. Les jihadistes ont tué à Paris, à Toulouse, à Nice, en Normandie, mais aussi à Bagdad, à Tel-Aviv, à Beyrouth, à Orlando... La guerre que nous mène l’EI n’est pas qu’une guerre contre la France, c’est une guerre contre la liberté. Ne la cédons pas sans combattre avec nos propres armes.

Johan Hufnagel dans Libération

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 14:34

Les islamistes utilisent avec ruse la force des symboles. En renversant le sens du sacrifice eucharistique, ils cachent leur crime derrière un vernis sacrificiel pour engendrer davantage de violence, estime le philosophe et théologien Bertrand Vergely.

Crédits photo: Geoffroy van der Hasselt/AFP

 

Sous le coup du choc provoqué par l'atroce assassinant de ce prêtre à Saint-Étienne-du-Rouvray mardi matin la tentation est grande de vouloir donner une interprétation religieuse d'un tel crime en voyant en lui un rituel sacrificiel. Est-ce le cas?

Les meurtriers de ce matin ont à l'évidence tout fait pour qu'il en soit ainsi. Imaginons que demain, sous le coup de la colère, de la passion et de la soif de vengeance un apprenti justicier se mette en tête de faire couler le

sang de musulmans innocents afin de ne pas laisser le crime commis impuni. Les bourreaux d'aujourd'hui auront vite fait de passer pour les victimes de demain en se donnant le droit de faire à leur tour couler le sang sous prétexte d'un droit à réparer les crimes subis. Si tel est le cas, c'est alors que l'on rentrera dans une logique sacrificielle. Comme dans les sacrifices antiques où le sang des animaux que l'on sacrifiait aux dieux était cessé apaiser leur courroux envers les hommes, le sang que l'on fera couler sera censé apaiser la fureur des hommes. Ce qui ne sera évidemment pas le cas puisque le sang appelant le sang, plus il y aura de sang versé plus on versera le sang. Dans cette logique infernale, si par malheur elle venait à voir le jour, le terrorisme aurait alors beau jeu de réactiver la confusion entre l'Europe et les croisés de l'Occident chrétien de jadis face à un Islamisme innocent ne faisant que se défendre. Et l'opinion publique finirait pour une part tôt ou tard par prendre parti pour l'Islamisme au nom de la lutte contre le racisme. Le but des assassins serait alors atteint. Diviser pour régner. Semer la zizanie pour, dans le chaos produit, faire des recrues parmi des jeunes perdus, soudain captivés à l'idée de pouvoir faire trembler le monde.

Ce qui s'est passé ce matin à Saint-Étienne-du-Rouvray ne relève pas tant du symbole que du crime pur et

simple animé par une logique de manipulation politique de la plus basse espèce. Le symbole qui est, sous la forme d'une image, ce qui relie le visible à l'invisible, l'immanent au transcendant, la matière à l'esprit ainsi que l'extérieur à l'intérieur, est l'outil le plus précieux qui soit de la culture humaine puisqu'il est la culture réalisée sous la forme de la culture vivante. Il arrive que dans la vie on fasse de certains évènements ou de certaines figures des symboles. Quand cela se produit, loin d'allumer les brasiers de la haine, ce geste tend au contraire à les éteindre afin d'élever les esprits. Les assassins, les terroristes aimeraient bien faire passer leur violence pour un symbole et ainsi remplacer le symbole par leur violence. C'est la raison pour laquelle ils ont l'art de manipuler les symboles en allant par exemple comme ce matin dans une église chrétienne profaner ce que le christianisme appelle le sacrifice eucharistique. Face à cela la force du symbole et, derrière lui, de la culture vivante, a toujours été et sera toujours de ne pas se laisser impressionner.

C'est en élevant les esprits et non en semant la terreur que la religion authentique a traversé l'histoire jusqu'à présent et qu'elle continuera à le faire. D'où la rage des terroristes et leur violence, celle-ci étant à la mesure de leur incapacité à élever les esprits. Quand, rêvant d'être un saint on se retrouve n'être plus qu'un vulgaire et minable assassin, comment ne pas être en rage et, pour oublier celle-ci, redoubler de rage?

La plus grande punition pour un assassin sera toujours en définitive d'être un assassin, rappelle Vladimir Jankélévitch. Le crime abominable qui s'est produit ce matin nous ramène à cette cruelle vérité. Ce qui ne nous interdit ni de nous prémunir à l'égard des assassins afin de les mettre hors d'état de nuire, ni d'admirer ce prêtre martyr qui, jusqu'au bout, aura été le témoin de l'élévation de l'esprit face au crime et à la violence obscure.

Bertrand Vergely dans le Figarovox

Agrégé de philosophie et normalien, Bertrand Vergely est philosophe et théogien. Professeur en classes de Khâgne et enseignant à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, il a notamment publié Le Silence de Dieu (Presses de la Renaissance, 2006), Retour à l'émerveillement (Albin Michel, 2010), Deviens qui tu es (Albin Michel, 2014), La tentation de l'homme-Dieu (Le Passeur, 2015) et dernièrement La miséricorde ou la défaite de l'enfer (Médiaspaul, 2016).

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