Pour les chrétiens, dimanche c’était Pâques. Pour les crétins, c’était jour de fête des cloches. Le tintement des cloches éteint, je consacre quelques minutes à
écrire ces quelques lignes.
J’imagine déjà la question que certains se posent : qu’est ce que « l’énervé haineux » va encore écrire comme torchon sur le blog des « vieux
cons » ? Au risque de leur déplaire, rien de bien méchant ; si ce n’est que des vérités ; dérangeantes peut-être pour certains, je le concède.
Lors du dernier conseil municipal, digne d’un marathon, il a été question de GPEC. Bon nombre de commentateurs ont passé sous silence cet épisode. Quel
dommage !
Il est vrai que le poisson a été habilement masqué et dilué sous le flot de questions à l’ordre du jour. Je prends donc la liberté de faire ici quelques remarques
sur le sujet.
Personnellement, rien que ces initiales, je trouve que ça en jette. Vous vous rendez compte on va enfin introduire des compétences
à la mairie ! Si j’ai bien compris, il serait grand temps… Messieurs Pad, Breynaert, Mellick, Lagache, Seux, …je me demande comment ils ont fait avec tous leurs
incompétents !
Sauf qu’à y regarder de plus près, la GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) çà semble pas terrible « chacun porte aujourd’hui
un regard plus lucide sur ses bienfaits et ses impasses, certains se montrant même très critiques sur certaines dérives, coûteuses en
temps et en argent » (Nicolas BRAMER, rédacteur en chef de la Lettre du Cadre Territorial).
Concernant la ville de Béthune, est-ce le moment opportun de brandir cette usine à gaz ? Ou s’agit il de masquer les incompétences de certains par un écran de
fumée ? Personnellement, j’opterais plus volontiers pour cette seconde hypothèse. La suite de la lecture vous en donnera les raisons.
Dans un précédent billet, j’écrivais qu’il faut avoir les moyens de ses ambitions. Or l’état financier de la Ville est pour le moins préoccupant, catastrophique
plus raisonnablement et proche de la cessation de paiement pour les plus pessimistes (ou les plus réalistes en faisant preuve de très mauvais esprit).
La GPEC, c’est une crise de réunionite assurée. La mobilisation des agents et des consultants, c’est que çà
coûte ! Et comme je sais qu’il y a des personnes très averties qui lisent les billets du blog d’Aimer Béthune, elles penseront sans doute à ce
sujet à Oliver Williamson et à sa théorie des coûts de transaction. Les charges de personnel n’ont pas fini de s’envoler dans de telles conditions !
Peu importe, il ne s’agit pas ici de tirer sur l’ambulance. Mais revenons quand même terre à terre. Je ne vois donc pas comment mettre en place une GPEC en l’état
actuel des choses à Béthune. Allez dire par exemple à un agent de catégorie « C » ou « B » que son avancement dans le grade sera intimement
lié à son investissement personnel, à ses compétences, … !! Pour peu que sa réflexion se trouble de comparatifs avec le fonctionnement de certains
élus, vous viendrez ensuite me parler de GPEC dans la FPT et plus particulièrement dans des collectivités de taille modeste.
Pour être clair, la GPEC voilà encore un truc fumeux, inutile et coûteux pour la Ville. Avec l’aviron, on n’a pas fini de ramer à Béthune ! Est-ce la faim (et non pas la fin) qui justifie de tels moyens ? Il est sûr que ce n’est pas l’utilité sociale
des dépenses publiques qui conditionne de tels choix. Par le passé, Béthune a eu le maire le plus rapide de France. Maintenant c’est avec un pilotage GTI (Gadgets Totalement Inutiles).
Les compétences, voilà ce qui m’amène à la deuxième partie de ce billet. Honnêtement, si la compétence de certains élus est proportionnelle à la sincérité et à la
légalité du budget voté, il y a de quoi s’inquiéter sérieusement pour l’avenir de Béthune.
Aux esprits chagrins qui me rétorqueront que de tels arguments n’ont pour objet que de porter du discrédit, de faire peur, de faire courir des rumeurs, je leur réponds simplement qu’il suffit de lire les 18 pages de la circulaire n° NOR/INTB9700228C du 30 décembre 1997 relative au contrôle
budgétaire ; circulaire du ministre aux préfets. Avec un peu d’ironie, j’ajouterai pour celles et ceux qui en sont capables, puisqu’on parle de compétences.
En clair, sans entrer dans des considérations techniques peu envoûtantes, la justification des recettes liées au montage financier
du centre administratif (la future mairie) ou l’absence ou insuffisance de provision concernant le litige
SOFADOC (destruction d’une barre d’immeuble derrière Auchan pour créer un parking) ça risque de
décoiffer sec chez le Préfet ! Je n’ose même pas parler du compte administratif et des restes à réaliser, du déséquilibre du budget, … !
Et puis, s’il restait un doute sur certaines (in)compétences, je ferais juste mention ici du jugement du TA de PAU du 4 décembre
1996 (n°96-446), suffisamment éloquent à mon sens « Les documents nécessaires à l’information des
conseillers municipaux doivent être joints à la convocation et non remis en séance afin de leur permettre de délibérer en toute connaissance de
cause ». Par souci d’économie affiché (moins de 500 euros en fait pour un budget de l’ordre de 50
millions !!!), les contribuables béthunois vont trinquer et la note sera bien plus salée !!!
Finalement de tout ce qui précède, l’animation actuelle de la vie municipale ressemble à une illustration d’un dilemme : s’entourer de meilleurs que soi
au risque de voir parfois sa propre performance remise en question, ou valoriser des plus mauvais que soi et tirer les compétences vers le bas.
Et là je reste dubitatif sur l’option choisie !
Non, je plaisante. C’était un poisson d’avril avec quelques jours de retard.
Hervé ABOUADAOU
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