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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 13:36

Le sociologue Hugues Lagrange livre en exclusivité, pour l'Express , les résultats de ses recherches sur les facteurs de délinquance. Un travail qui balaie hypocrisies et idées reçues.

 

Attention, cet homme n'est pas un provocateur médiatique - Eric Zemmour ne compte pas parmi ses amis. Il ne se classe pas non plus au rang des bien-pensants. Tandis qu'idéologues et militants se déchirent autour des Roms, des menaces intégristes, de l'identité nationale et des banlieues sensibles, Hugues Lagrange, sociologue investi, chercheur au CNRS, spécialiste de la violence et des politiques de la ville, le dit sans tomber de sa chaise: "Refuser de s'intéresser aux origines culturelles des délinquants est une hypocrisie." Le propos est tranché, à rebours des précautions d'usage. Le spécialiste l'assume, après huit années d'une enquête inédite et scrupuleuse, au plus près des Français d'origine étrangère - du Bassin parisien à la banlieue nantaise. Surtout, il l'explique, comme personne avant lui, dans un livre limpide publié le 16 septembre, Le Déni des cultures (Seuil). Une oeuvre de salut public, en ces temps d'amalgames, sinon d'aveuglements.  

Le poids des origines ethniques et la délinquance

LEXPRESS/ T. DUDOIT

Hugues Lagrange, chercheur au CNRS, auteur du livre "Le Déni des Cultures" paru aux Editions du Seuil, ici à la Maison des Sciences de l'Homme à Paris.  

En ce jour de grève nationale, l'homme qui ouvre sans un bruit les portes d'un bureau parisien étriqué, au quatrième étage de la Maison des sciences de l'homme, revient d'un footing digestif. Sans doute faut-il avoir l'estomac solide avant d'asséner autant de vérités crues. Oui, affirme ce chantre de la tolérance, les émeutiers de 2005 et 2007 sont majoritairement de jeunes Noirs ayant grandi dans les cités. Traumatisée par un passé colonial qu'elle refuse de sonder, "la France se berce de refrains antiracistes et refuse la réalité". Oui, les familles pauvres musulmanes, africaines ou encore maghrébines, sont des familles nombreuses et leurs enfants plus souvent déstructurés, séduits par l'islam radical ou tentés par la violence. Ils sont aussi plus dépressifs. Non, ils ne souffrent pas d'un manque d'autorité, mais d'un excès d'autoritarisme. Et non, l'école égalitaire et les valeurs universelles ne sont pas accessibles à tous. Pas plus que l'assimilation n'est un rêve partagé. Ni la polygamie un crime, mais une tradition désastreuse aggravée par l'exil...  

Hugues Lagrange n'a que faire de heurter les bonnes âmes. Lui-même reconnaît avoir longtemps posé le problème à l'envers: "J'avais moi aussi une vision globale stupide des Français d'origine étrangère, dit-il. Je croyais qu'une politique égalitaire était la seule possible. Je réalise aujourd'hui combien les héritages culturels, la langue, la structure familiale, pèsent sur les individus." Près de dix ans passés à interroger les migrants, les enseignants de ZEP, les acteurs de terrain lui ont ouvert les yeux. Et permis de comprendre.  

Qui s'intéresse à la place des mères ?

Comprendre quoi? Qu'un enfant pauvre d'origine malienne a plus de risques de décrocher que les autres au primaire, par exemple. Certainement pas parce qu'il est noir, ni musulman, ni moins doué. Mais parce qu'il s'est construit autour de valeurs familiales bancales, que la plupart de ses voisins "de souche" ignorent. "Dans les familles subsahariennes arrivées récemment en France, près de 30% des hommes mariés sont polygames", constate sobrement le spécialiste. Les femmes sont aussi jusqu'à quinze ans plus jeunes que leur mari et ont chacune, en moyenne, entre 6 et 7 enfants. Lesquels sont, culturellement encore, généralement livrés à eux-mêmes avant d'avoir atteint l'âge de trois ans... Autant dire qu'ils entrent à l'école de la République désarmés. Faute d'encadrement spécifique, ils en sortiront détruits.  

La gauche prétend créer une société de Bisounours

Notre modèle méritocratique ne s'embarrasse pas de ce genre de nuances. Qui s'intéresse à la place des mères dans ces mêmes familles africaines, turques, maghrébines, repliées sur leurs traditions? Contrairement aux idées reçues, très peu élèvent seules leurs enfants. En revanche, à la maison, le père seul incarne l'autorité. Au pays, les solidarités villageoises rétablissent une sorte d'équilibre au sein des couples. Mais, en France, ces patriarches ne peuvent plus compter que sur eux-mêmes et sombrent le plus souvent dans un autoritarisme implacable. Répétant le même scénario infernal: mères disqualifiées, filles soumises et garçons hors de contrôle.  

On laisse se propager les contrôles au faciès.

Bien sûr, les traditions n'expliquent pas tout. Grandir dans une tour délabrée, un logement insalubre, isolé ou sans perspectives d'emploi, ajoute au sulfureux cocktail. De même que l'exil aggrave le repli communautaire, la ségrégation et la xénophobie brisent les plus beaux élans. Certaines habitudes héritées constituent, par ailleurs, de formidables paravents - l'entraide entre générations et les solidarités féminines notamment. Il n'empêche. "Faute de s'intéresser aux individus dans leur globalité, les politiques publiques se privent de leviers essentiels", assène le chercheur, qui le déplore: à elles seules, les récentes émeutes urbaines auraient pourtant pu révéler bien des carences liées aux origines, et permis d'y répondre. Si encore les autorités avaient pris la peine de briser l'omerta. Mais les tenants du tout-sécuritaire, ceux-là même qui "laissent se propager les contrôles au faciès au mépris des règles élémentaires de déontologie", fustige l'auteur, refusent de communiquer aux chercheurs l'origine des délinquants. Comment dès lors disséquer la secrète alchimie qui pousse certains au pire, et en assagit d'autres? La gauche est tout aussi coupable à ses yeux, quand "elle prétend créer une société de Bisounours", niant au passage la diversité des valeurs. Cette dernière existe pourtant, s'étend même, et mériterait que l'on s'y intéresse. Rapidement.

note de la rédaction :
Cette analyse a le mérite d'apporter un éclairage nouveau sur le phénomène de la délinquance et de la violence , notamment dans les banlieues .Nous avons cru bon de la  partager avec nos lecteurs pour alimenter leurs réflexions sur ce douloureux sujet . 
Nous rappelons que le terme de "bisounours" est entré dans le langage courant pour désigner un individu aux idées exagérément candides ou
naïves . Ce terme a été employé par Daniel Boys aujourd'hui dans la Voix du Nord pour désigner les têtes de l'exécutif municipal ! Veut-il aussi créér une équipe de Bisounours en mairie ? Attention ! méfions-nous ....derrière ce mot , il a peut-être voulu dire qu'il est des bisous qui tuent , tels ceux de Judas Iscariote ...et des ours mal léchés !!!

le webmaster

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Published by Webmaster - dans réflexions diverses
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commentaires

valentini 01/10/2010 15:02



Bac annales


Hugues Lagrange n'a que faire de heurter les bonnes âmes. Lui-même reconnaît avoir longtemps posé le problème à l'envers: "J'avais moi aussi une
vision globale stupide des Français d'origine étrangère, dit-il. Je croyais qu'une politique égalitaire était la seule possible. Je réalise aujourd'hui combien les héritages culturels, la langue,
la structure familiale, pèsent sur les individus."


En partant de cette autocritique culturelle, on comparera Hugh One


 


« Demandes de sécurité » France, Europe, Etats-Unis


Ed. La république des idées, seuil, 2003, 109 pages


et Hugh zio


 


le déni des cultures


en vous posant la question fatalement mobile: à qui cette auto profite?


Si vous répondez Hugh! Vous êtes philosophe, à la fois laconique et myope.


Si vous répondez Lagrange, c'est chouette! Vous êtes journaliste à Libération, grande gueule et surréaliste qui est la forme métaphysique de la
myopie médiatique.


Mais si vous dites umpapa! Vous brûlez. Chose sans gravité, vu que vous êtes un moins-que-rien, un penseur ex nihilo.


 



Webmaster 01/10/2010 19:42



Maryse Trippier, professeur émérite à l’université de Paris 7-Diderot, est membre du laboratoire Unité de recherche, migration et société. Elle commente l’ouvrage de Denis Lagrange, Le Déni
des cultures, qui met l’accent sur l’importance du facteur «culturel» dans les problèmes de délinquance liés à l’immigration.
 
Quelle a été votre réaction en découvrant la publication de cette
enquête? Je me suis demandé, avec mes collègues, pourquoi il faisait l’objet d’une telle promotion, maintenant. D’autant qu’il y a déjà une littérature très importante sur la
question depuis dix ans. Pourquoi tant de bruit autour de choses qui sont connues? Mon hypothèse, c’est que ce livre répond à un courant actuel qui explique tout par le déterminisme des
«origines», entre la volonté de faire des statistiques ethniques, de lancer un débat sur l’identité nationale, d’expliquer la délinquance par la génétique, comme l’avait fait Nicolas Sarkozy
dans son interview à Philosophie
magazine en mars 2007.
 
Hugues Lagrange affirme pourtant que ce facteur «culturel» est nié dans les explications avancées sur les problèmes rencontrés dans certains quartiers d’immigration... Ce
n’est pas vrai que les chercheurs en sciences sociales nient ce facteur. Mais ils ne le traitent pas comme un facteur surdéterminant. Tout se joue dans l’itinéraire d’un individu, et ne dépend
pas seulement sa prime éducation. Et dans le parcours de la délinquance, la ghettoïsation, la perte de repères et la discrimination sont autant de facteurs qui ont leur importance.
 
Que pensez-vous du lien qui est fait entre les émeutes de 2005 et les jeunes issus de l’immigration africaine du Sahel? L’autoritarisme des pères de ces jeunes décrit par
Hugues Lagrange n’est pas propre à cette vague migratoire, qui est seulement plus récente. On a aussi beaucoup reproché aux pères des familles maghrébines d’être trop autoritaires. Cette autorité
est d’ailleurs généralement mise à mal dans l'expérience de l'émigration. En outre, les questions d’autonomie des femmes et d’autorité des pères sont récurrentes dans nos sociétés, y compris
occidentales. Dans les couches populaires des années 50 en France, ce n’était pas si différent. L’immigration originaire d’Afrique sahélienne est plus récente et donc confrontée aux mêmes
problèmes que les vagues précédentes, dans un contexte encore plus difficile.
 
Mais le fait d’identifier et de nommer ces «facteurs» peut-il aider à l’intégration? Comment la société peut-elle valoriser des différences culturelles qu’on présente comme
étant la source de la délinquance? En parlant de polygamie, de père autoritaire, de familles nombreuses, on n’aide pas à l’intégration. On dit, «ils sont nés comme ça», c’est comme s’ils avaient
une fatwa sur la tête.  
 
Les propos de l’auteur sont de tout même plus nuancés... Oui, mais insister, comme Hugues Lagrange le fait, sur un groupe en particulier est dangereux. Ce qui nous inquiète,
c’est la récupération de ses travaux, qui sont le fruit de plusieurs années de travail, notamment à Mantes-la-Jolie. Nous, sociologues, sommes toujours très prudents dans nos conclusions parce
que les gens s’emparent du moindre résultat. Que peuvent entendre les jeunes issus de l’immigration dans un débat pareil? Qu’ils ne seront jamais de «bons Français»?



valentini 01/10/2010 14:26



L'infernal ballet des idées, antinomique du balai à idées infernales, ah la la, ballotait au milieu d' antiquités kantiennes, sans doute coincées sous le coude d'un penseur, assemblant un puzzle,
tout droit sorti de son bocal, néanmoins réel. Grand merci à média-placard de l'avoir restitué à monsieur Propre, il en fera sa table rase. Et bien le bonjour aussi au lieutenant Jeffords, de la
part de Géronimo. Hugues à l'âge de comprendre la chose.


 


Quant à savoir en quoi "les refrains antiracistes" et les couplets sociologiques, d'après la pluie (de flèches), ne sont pas intimement mêlés, franchement, tu nous prends pour des bleus, monsieur
le nettoyeur d'idées reçues!



maximeg 30/09/2010 08:32



Circoncision rituelle et violence juvénile:


http://www.youtube.com/watch?v=lvXLWL6n-hc



Karim 16/09/2010 16:09



comment ce monsieur explique-t-il la surdélinquance chez les roms et chez les hispaniques aux USA ?



Webmaster 16/09/2010 19:34



A mon avis , mais ça n'engage que moi , avec les mêmes analyses qu'en France .



descamps eric 15/09/2010 18:45



Juste un petit mot jean-pierre explore d'autres horizons,lis POLITIS le SARKOPHAGE ou le MONDE DIPLOMATIQUE par exemple et laisse tomber tes revues de vieux reacs,que tu n'es PAS.



Webmaster 15/09/2010 21:58



Sacré Eric ! Je suis abonné à Marianne...si si ! J'achète les journaux locaux .Je lis d'autres revues sur le Net ( c'est
plus synthétisé et rapide ) de toutes tendances pour forger mon opinion .Dans Sarkophage , no 15 de 11/2009 lis l'article sur : " Qu’est-ce que faire la révolution ? de Frédéric
Thomas, historien (pas sur le site web , c'est un extrait ! ) et dis-moi ce que tu en penses !? Tu vois , je lis pas mal de journaux et me tiens informé!!


Bien à amicalement à toi!



descamps eric 15/09/2010 18:33



article minable ,quelle difference entre zemmour et barbier ? AUCUNE.ils sont tous les deux proches de la droite extreme,comme ton copain.Bientot une guerre de religion?au lieu des roms
accueuillons les curetons belges,la aussi il faudrait voir si ce n'est pas dans les TRADITIONS.



Webmaster 15/09/2010 22:29



Hugues Lagrange n'est pas " mon copain " ! C'est un sociologue connu et reconnu dans sa profession. Ce qu'on attend de nos lecteurs , ce sont d'éventuelles critiques de ses analyses qui doivent
d'abord porter à réflexion ; ce ne sont pas des anathèmes à l'emporte pièce ! Quant à tes comparaisons avec les " curetons belges " , elles sont hors sujet . Les hommes dans les différentes
organisations ou institutions humaines restent des hommes avec leurs défauts , leurs faiblesses et leurs qualités. Partant d'une minorité qui a des comportements répréhensibles , il ne faut pas
tomber dans la généralisation outrancière .Le fait qu'il y ait des gens malhonnêtes en politique ou dans d'autres corporations , nous autorise-t-il à  généraliser et affirmer d'une manière
péremptoire qu'ils " sont tous pourris "? Apprenons le sens de la mesure et du bon discernement, cher ami .