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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 10:39

 

Cela fait vingt ans que les quatre principaux candidats du PS à la primaire de la gauche rongent leur frein, entre alliances et trahisons. Ce jeudi soir, ils s'affronteront à la télévision.

Il fallait les voir rire à gorges déployées, les larmes aux yeux, imitant Laurent Fabius et François Hollande, multipliant les vacheries contre leurs « camarades » socialistes, dans le TGV qui les ramenait d'une visite dans le Vaucluse. C'était en janvier 2014. Tout opposait pourtant Manuel Valls, héraut droitier du PS, à Arnaud Montebourg, héros gauchiste des ouvriers de Florange. Mais les deux ministres vedettes du gouvernement avaient conclu un pacte secret, avec Benoît Hamon, pour évincer Jean-Marc Ayrault de Matignon. En sachant qu'à la fin, il n'y en aurait plus qu'un...

 

Toute l'histoire des « jeunes lions », selon l'expression de Montebourg, est là. Celle de quatre ambitieux trentenaires qui, vingt ans durant, se sont alliés, séparés, fait la courte échelle et trahis. « Dans une classe ou au travail, il y a toujours des inimitiés, des petites bassesses, et après tout s'arrange ! Entre eux, c'est la même chose », résume, ironique, un fin connaisseur de la politique. Car ils ont, de longue date, la même ambition : évincer les  « éléphants » — Aubry, Fabius, Strauss-Kahn, Hollande et Royal — qui leur barrent la route du pouvoir.

 

Vincent Peillon le dit lui-même : « C'est une génération qui rêvait de servir son pays. » Une génération sacrifiée qui a attendu longtemps, depuis la nomination de Lionel Jospin à Matignon en 1997, pour prétendre à son tour à la magistrature suprême. « Il y a un côté Rastignac chez ces gars-là : à moi Paris ! », sourit un élu PS, ami de François Hollande. « Ce sont les enfants barbares, qui se tuent entre eux. C'est Highlander, il n'en restera qu'un. Ça fait vingt ans qu'ils jouent ce scénario dans leur tête, décrypte un ami du président. S'ils se bousculent à la primaire, c'est parce qu'ils savent que c'est leur dernière chance. En 2022, ils seront presque sexagénaires ».

 

Hamon, Montebourg, Peillon, Valls, tous des bébés Jospin

 

Aujourd'hui quinquas ou presque, Hamon (49 ans), Montebourg (54), Peillon (56) et Valls (54) sont tous des bébés Jospin. C'est à l'époque bénie de la gauche plurielle (1997-2002) qu'ils ont fait leurs premières armes. Montebourg et Peillon, la mèche au vent et pas encore de cheveux blancs, jouent les chevaliers blancs contre les paradis fiscaux à l'Assemblée. On les surnomme... Modeste et Pompon. Mais c'est en tentant de faire traduire Jacques Chirac devant la Haute Cour que Montebourg, jeune député de Saône-et-Loire, se fait un nom. Valls, lui, gère la com de Jospin à Matignon, et Hamon, venu des rangs du MJS, conseille la ministre de l'Emploi, Martine Aubry.

 

Leur première déconvenue ? Début 2000, quand Lionel Jospin fait revenir les « éléphants » Fabius et Lang dans son gouvernement, au lieu de miser sur la jeune garde. Ils comprennent qu'il faut revoir leur stratégie. Le traumatisme de l'élimination de Jospin à la présidentielle de 2002 va les y aider...

 

En 2003, Montebourg, Peillon et Hamon fondent leur propre courant, le Nouveau PS. On peine à l'imaginer, mais les trois ont coécrit un livre, « Au cœur de la gauche ». Le directeur de leur maison d'éditions (le Bord de l'eau), Jean-Luc Veyssy, se souvient : « Ils étaient très copains ». Mais l'expérience NPS vole vite en éclats. En 2007, Montebourg, Peillon et Valls montent donc à bord du navire Ségolène Royal. Nouvel échec.

 

C'est François Hollande, cinq ans plus tard, qui leur confiera leurs premiers ministères. Poussé vers la sortie, il ne sera pas payé de retour. 2017, enfin leur tour ? Pas si sûr, grince un conseiller de l'exécutif, intrigué par Emmanuel Macron : « Les super-stratèges vont se faire doubler par un gamin qui joue au poker, qui sort trois as et part avec tous les jetons ! »

 

Nathalie Schuck (avec Ava Djamshid ) dans le Parisien 

 

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Published by le modérateur - dans infos politiques
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