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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 16:25

La mise en parallèle de l'engouement du public vis-à-vis d'Emmanuel Macron et de la tristesse de la primaire de la gauche laisse présager de la fin du PS.

 

De quoi Emmanuel Macron est-il l'enfant ? D'une France progressiste qui ne trouve plus chaussure à son pied. D'une gauche tombée au fond du trou et rongée par la haine. Des frondeurs qui, après avoir transformé le PS en canard sans tête, effraient ses électeurs habituels.

Entre Macron et les tristes figures de la primaire, il n'y a pas photo. Il ressemble au prototype hollywoodien du jeune homme fortuné, propre sur lui, à qui tout réussit. Une sorte de Richard Gere. Il ne lui manque que les clubs de golf. Même si Manuel Valls et François de Rugy, la révélation, tentent de sauver l'honneur de la gauche, les candidats à la candidature font penser, eux, à des joueurs de poker au fond d'un tripot, en fin de partie, avant la fermeture.

« C'est le sort des familles désunies de se rencontrer uniquement aux enterrements », a dit notre grand philosophe national (Michel Audiard). Cette primaire sera-t-elle les funérailles du PS et de ses alliés ? Sans doute pas, mais ils sentent déjà tous le sapin. On ne les plaindra pas. Ils l'ont bien cherché.

La pensée magique leur tient lieu d'idéologie, à l'exception de Valls, bien sûr, et de Rugy. Qu'importe si les promesses sont irréalisables, il suffit de les énoncer : l'Allemagne paiera, à moins que ne soit mis à contribution un « trésor caché » qui reste à trouver. Les farceurs ! Quand on écoute Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, qui ne manquent ni d'air ni de talent, on ne sait jamais ce qui, dans leurs propositions, relève du cynisme, de l'enfantillage ou de l'enfumage. Sans parler du trumpisme.

Donald Trump n'est-il pas l'un des grands inspirateurs de la gauche de la gauche ? C'est encore un secret, dissimulé par les médias complaisants, mais il serait temps de le lever : grands prêtres du repli sur soi, Montebourg et Hamon partagent avec lui la même obsession du mur. Mur protectionniste contre les produits étrangers. Mur contre l'Europe, qu'ils abominent à peu près autant que le nouveau président américain. Mur contre les réalités économiques, qui ne manqueront pas de tout faire voler en éclats. Voilà qui en dit long sur le confusionnisme qui règne au PS, en panne de boussole. Pour mémoire, on lui rappellera la célèbre phrase de Jaurès : « Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie. Beaucoup d'internationalisme y ramène. »

Réveille-toi, Jaurès, ils sont devenus fous. Au bal des impostures, ces Mélenchon de poche sont les meilleurs danseurs. Prenons l'affaire du revenu universel, l'une des rares grandes idées qui ont émergé des débats de la primaire. Ignares ou amnésiques, les médias se gardent bien de rappeler qu'elle a été portée naguère par Milton Friedman, Prix Nobel d'économie, considéré faussement comme un « ultralibéral », puis par Frédéric Lefebvre, député LR.

Destinée à éradiquer la grande pauvreté, cette belle utopie n'a qu'un défaut : même si elle présuppose la fin de toutes les allocations, elle coûterait cher – 480 milliards d'euros et 22 % du PIB. Comment la financer ? Par de nouveaux impôts et par la lutte contre la fraude fiscale, a répondu benoîtement Hamon. On se pince, le sapeur Camember n'aurait pas trouvé mieux.

Face à ce déluge de bêteries, Valls, christique, serre les dents. On dit que les Français aiment porter au pouvoir des hommes couturés de partout, qui ont beaucoup souffert. Il est servi ! Ennemi public des médias et tête de Turc des frondeurs, il est peut-être en train de gagner ses galons de président pour plus tard. Mais, en attendant, quel supplice ! Gageons qu'il n'observe pas sans quelque jalousie le parcours de Macron, qui s'en est allé voleter loin de cette pétaudière.

La clé de la réussite de Macron ? Il parle à ceux qui veulent du jeune, du frais, du moderne, à tous ceux que les frondeurs du PS ont amenés à déserter la gauche. La sienne, comme celle de Valls, est, osons le mot, intelligente, mais dans son cas libre de toute entrave d'appareil. C'était sa faiblesse. C'est en train de devenir sa force. On a fait de l'ancien ministre de l'Économie un César d'opérette, un héros de carton, un avatar de Giscard. Or force est de constater qu'il continue à remplir les salles : le feu de paille annoncé est même en train de conquérir la prairie. Reste à savoir si, comme disait le poète à propos du général Boulanger, il saura faire un enfant à la France.

Alors que Macron s'apprête à siphonner le PS, Valls, qui peut encore faire la surprise, est le seul qui, aujourd'hui, aurait une chance de le sauver. Mais ce parti veut-il et peut-il être sauvé ? Ces dernières années, en tirant à boulets rouges sur Hollande, Valls et consorts, les frondeurs ont mis à mal la maison commune. Il suffirait maintenant d'un rien, une pichenette, pour qu'elle s'effondre.

Mais ce suicide collectif et cette extinction du parti, qu'ils semblent appeler de leurs vœux, n'est-ce pas finalement ce qui pourrait aussi leur arriver de mieux ? « Qu'on le veuille ou non, disait Cioran, un suicide est une promotion – un imbécile qui se donne la mort n'est plus un imbécile. ».

PAR  dans le POINT

 

 "Nonobstant, m'sieur l'major, que la discipline mélétaire elle n'est pas subséquente de la chose, j'voudrais vous serrer la pince"

"Nonobstant, m'sieur l'major, que la discipline mélétaire elle n'est pas subséquente de la chose, j'voudrais vous serrer la pince"

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Published by le modérateur - dans réflexions politiques
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