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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 16:28
Contre les appareils de gauche, de droite et du centre, le candidat à la présidentielle a aussi fustigé le FN, ce samedi en meeting à Lille. Son objectif : diviser pour mieux rassembler, et gagner.

Plus d'une heure avant le meeting, déjà des centaines de personnes ont investi le Zénith de Lille. Sur le parvis, plusieurs centaines d'autres font la queue. Des jeunes, beaucoup de jeunes. "On va réussir à faire entrer presque tout le monde, on va être 4.500", annonce un cadre du parti. "Et encore, on a arrêté les inscriptions il y a plus d'une semaine", ajoute un autre macroniste. Un troisième conclut :
 
"On va battre le record de Martine Aubry aux municipales de 2008 !"
 
Martine Aubry, la figure locale, la maire de la ville, la chantre du "Macron, ras-le-bol" est dépassée sur ses propres terres. Comment va-t-elle accueillir que ses partisans changent de camp. La députée Audrey Linkenheld, dont elle a voulu un moment faire son héritière à la mairie, n'a-t-elle pas accompagné Emmanuel Macron lors de sa tournée dans le nord de la France de cette fin de semaine ? Après tout, Amiens, la ville natale du candidat à la présidentielle, n'est pas si loin.
 
Qu'Aubry se rassure : elle n'est pas la seule socialiste à être quittée par une partie de ses troupes. Au Zénith de Lille, Jean-Paul Huchon, l'ancien président de la région Ile-de-France, est également présent. "On peut être militant socialiste et soutenir Macron", assure-t-il, contrairement aux consignes de son parti. Va-t-il voter à la primaire de la gauche ? "Pfff, oui, par correction et par fidélité à mes camarades de Conflans-Sainte-Honorine." On comprend que son soutien ira à Manuel Valls, ex-rocardien comme lui, mais il s'arrêtera aussitôt ladite primaire terminée.
 
"La primaire de la gauche, c'est un monde dans le monde", tranche un membre de l'équipe Macron. Avant de préciser aussitôt : "C'était pareil pour la primaire de la droite et du centre." D'ailleurs, des personnalités de la droite et du centre, il y en a aussi dans la salle. Le maire UDI de Valenciennes, Laurent Degallaix, très proche de Jean-Louis Borloo, est au premier rang. Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de Jacques Chirac, aussi.
 
"L'Europe, c'est nous"
 
En arrivant sous les clameurs du public, Emmanuel Macron ne s'y trompe pas, en leur distribuant des bises appuyées. Mais il ne semble pas non plus avoir la rancune tenace : sur scène, il souhaite immédiatement "le meilleur rétablissement possible" à Martine Aubry, actuellement hospitalisée pour une opération du dos.
 
S'il entend rassembler, dépasser le clivage droite-gauche, s'il salue à la fois le général De Gaulle et François Mitterrand, il vient avant tout combattre le FN dans cette région gangrénée par le vote frontiste. "Jamais nous ne devons accepter ceux qui veulent que notre avenir se construise dans le repli", déclame-t-il.
Puis :
 
"Avoir peur de l'autre, ce serait se protéger ? Ce n'est pas vrai non plus."
 
Le repli, très peu pour lui. L'Europe, Macron n'a de cesse de la faire applaudir, elle qui est décriée partout ailleurs. Il prône "une politique d'immigration commune", "une politique de renseignement commune", "une politique vis-à-vis des états tiers commune". Et de crier son amour de l'Europe :
 
"Je ne vais pas proposer de renverser la table, puisque c'est la nôtre. Bruxelles, c'est nous. L'Europe, c'est nous qui l'avons faite. L'Europe nous rendra plus grand, plus fort."
 
"Croire en ses rêves"
 
Les "Macron président" fusent dans la salle. Mais président, et après ? Dépassant le Parti socialiste, s'opposant aux fillonistes, marchant sur les plates-bandes des centristes, s'opposant frontalement au FN, avec qui compte-t-il gouverner s'il est élu ? La question revient souvent. S'il se refuse d'y répondre pour l'heure, ses soutiens s'en chargent pour lui. "Les talents ne manquent pas pour former un gouvernement", avance un premier.
 
La difficulté plus souvent pointée est en effet celle des législatives, qui interviendront un mois après la présidentielle. Comment son jeune mouvement parviendra-t-il à obtenir une majorité à l'Assemblée nationale ?
 
"Il y aura 577 candidats d'En Marche, répond un second partisan, dans les couloirs du Zénith. L'aspiration d'une présidentielle gagnée est très forte."
 
La sélection des candidats aurait même déjà commencé.
 
"A ceux qui prétendent que nous sommes une bulle ou un soufflet, la réponse est là", lance un dirigeant d'En Marche, en contemplant cette foule de milliers de personnes qui crient, applaudissent, agitent des drapeaux français et européens, osent un "clapping" à la manière des supporteurs islandais.
 
Sur scène, Macron se fait plus poétique en guise de conclusion :
 
"J'entends déjà celles et ceux qui nous disent que nous sommes des rêveurs. Mais à force de croire en ses rêves, on finit par imposer sa réalité."
 
Une citation d'une autre figure socialiste lilloise, Pierre Mauroy, ancien maire, Premier ministre et mentor de... Martine Aubry.
 
Julien Martin dans l'Obs

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Published by le modérateur - dans infos politiques
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