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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 10:59
Une intrusion inédite et non dénuée d’arrière-pensées.
 
Et la gauche s’empara de la primaire de la droite… D’abord en allant voter au premier tour pour éliminer Nicolas Sarkozy. Comme le laissaient subodorer les longues files d’attente devant les bureaux de vote de l’est parisien, elle a voulu participer au choix du candidat de droite. Quelque 600 000 électeurs se déclarant « de gauche » ont signé, selon une enquête « sortie des urnes » de l’institut Harris Interactive, la « charte des valeurs républicaines de la droite et du centre » et payé deux euros (parfois en pièces jaunes, selon certains témoignages…) pour participer au scrutin. Soit 14 % des électeurs, à comparer aux 6 % d’électeurs de droite ayant participé à la primaire de la gauche en 2011. Une mauvaise nouvelle pour François Hollande, car ce sont autant de Français qui anticipent une probable élimination de la gauche dès le premier tour. « L’opinion a intériorisé que la gauche est complètement fichue », commente Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.
Alain Juppé avait d’ailleurs trouvé une alliée en la personne de Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes. Elle avait jugé sur RTL que François Fillon est « incontestablement le plus réac » sur les sujets de société, alors qu’Alain Juppé a la sympathie « des féministes de droite ». Interrogée sur les nombreux électeurs de gauche ayant participé au premier tour de la primaire de la droite, la ministre souligne qu’ils « sont allés voter pour faire barrage à Nicolas Sarkozy...»
Certes, la ministre des Familles, proche de Manuel Valls, défendait avant tout ses convictions de militante des droits des femmes, considérant pour acquis que François Fillon serait le vainqueur du second tour de la primaire, et donc l’adversaire de la gauche dans six mois.
Profond dédain.
Mais à aucun moment, en 2011, la droite ne s’était ainsi mêlée de la bataille entre camarades pour départager Martine Aubry, François Hollande, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Ségolène Royal et Jean-Michel Baylet. Elle avait même affiché un profond dédain pour cette compétition interne entre néokeynésiens, sociaux-démocrates et démondialisateurs. Et s’était contentée de commenter le principe de la primaire. Pour le dénoncer la plupart du temps. « La Ve République ne peut être l’otage des partis politiques et le candidat [à la présidentielle] pris en otage par son parti, avait condamné à l’époque le président de la République, Nicolas Sarkozy. Le général De Gaulle a voulu une élection à deux tours, pas à quatre tours. » Mais d’autres avaient défendu la primaire. Ainsi le Premier ministre François Fillon, peut-être pour se démarquer, y voyait-il « un processus moderne qui convient à droite comme à gauche, pour toutes les grandes élections. »
Pour autant, nul responsable de droite n’avait lancé de fatwa contre Martine Aubry ou François Hollande entre les deux tours, comme certains responsables de gauche l'ont fait à l’égard de François Fillon. Tout en expliquant qu’il serait le « meilleur adversaire » pour la gauche en 2017...
Le summum de la critique des positions de l’adversaire a été atteint dans un éditorial de Laurent Joffrin dans Libération, l’organe de la gauche, mettant sur le même plan le « catholicisme politique, activiste et agressif » qu’incarnerait François Fillon et « l’islamisme politique » qui nourrit le terrorisme djihadiste. « Cet édito est hallucinant, il est caractéristique du repli de la gauche sur le socle bobo des centres urbains, se désole un parlementaire de l’aile gauche du PS. Ils sont en train de refaire l’erreur de Terra Nova ! »
Base électorale. Ce think tank proche du PS suggérait au PS, en 2012, de reconfigurer sa base électorale sur les catégories moyennes supérieures des centres urbains d’une part, et sur les minorités (homosexuels, immigrés, etc.) d’autre part. Se voyant reprocher par une partie du PS de faire ainsi l’impasse sur les catégories populaires. En critiquant le catholicisme de François Fillon, « on nie l’électorat catholique, parfois de gauche, que nous avons nous-mêmes réveillé avec le mariage pour tous », regrette un membre du Bureau national. « Jamais Mitterrand, qui connaissait si bien cette France catholique de province, ne l’aurait accusée d’homophobie ou de racisme, comme certains chez nous le font avec Fillon », regrette un parlementaire.
Profondément divisée et peu au clair sur son propre corpus, la gauche s'est refait donc une unité factice et fragile, l’espace de quelques jours, en diabolisant le favori de la primaire de la droite. Tout en sachant pertinemment que François Fillon, avec lequel nombre de parlementaires PS ont les relations les plus cordiales depuis des années, n’est pas la caricature qu’elle en fait. « Dans son fief de la Sarthe, il sait parler à tout le monde, et pas seulement aux catholiques », témoigne un député PS de l’Ouest. « La gauche parle beaucoup de la primaire de la droite parce qu’elle a du mal à parler d’elle-même », résume tristement un responsable socialiste.
 
D'après un article de Nathalie Segaunes dans l'Opinion
Primaire de la droite et du centre : pourquoi la gauche s’en est mêlée...

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Published by le modérateur - dans réflexions politiques
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