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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 16:25

Cette primaire "ouverte" a tourné au référendum anti-Sarkozy. Un système pervers qui amène à se demander qui a vraiment voté pour Fillon.

 

La gauche est morte, vive la droite ! Quelle droite ? C'est une autre question. À entendre l'ensemble des commentateurs, il s'agit d'une droite libérale et conservatrice. Soit. L'affaire est un peu plus compliquée. La victoire imprévue de François Fillon est en effet pleine de trompe-l'œil. On ne va pas la bouder, on est content, ici on est à droite. Mais il faut être lucide.

Primo, le succès imprévu de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est trop beau pour être honnête. À quoi tient donc cette fulgurance ? Et ce soudain virage de l'opinion qui, il y a quinze jours, regardait Juppé avec les yeux de Chimène ? Ne s'agirait-il que d'un mouvement d'humeur ? On est tenté de le croire. Rien n'annonçait ce ralliement massif à celui des trois candidats qui défendait les positions les plus radicales de la droite, s'agissant aussi bien de politique économique et sociale que de politique internationale, que de mœurs ou encore de méthode de gouvernement (les ordonnances). Où est donc la vérité de l'opinion ?

Un coup tordu

Secundo, de quelle opinion s'agit-il ? Cette question est reliée à la précédente. Qui sont ces 44 % ? D'où viennent-ils ? Se pose ici le problème de la primaire. On assiste à un phénomène tel que la primaire d'hier rend superflue la présidentielle de demain. Quelle drôle de démocratie, la France ! Avant même que le peuple n'élise son président, celui-ci est désigné et quelques autres candidats sont éliminés sans que le suffrage universel ait dit son mot. Pour verrouiller un système qui maintient en place depuis un demi-siècle une bourgeoisie d'État et une oligarchie toute puissante, on a inventé une procédure vicieuse : la primaire. Comble de perversité : on l'a ouverte.

L'honnête logique de la primaire, dans un régime bipolaire comme celui qui nous gouverne, serait que seul le peuple de chacun des deux camps choisisse son champion. Pas chez nous. Hier, les électeurs de gauche étaient conviés à choisir le candidat de la droite ! C'est ahurissant, mais c'est ainsi ! Ils l'ont fait, à proportion de 15 % de ce qu'ils représentent. Si on ajoute à ce nombre celui des centristes qui ont fait élire Hollande en 2012, celui des partisans de Marine Le Pen qui cherchent à brouiller les pistes et celui des farfelus, on doit arriver à quelques centaines de milliers de voix de citoyens qui auront ainsi contribué à l'élection d'un président auquel ils s'opposeront dès son arrivée au pouvoir. Ils auront beau voter en avril prochain pour le candidat de leur propre famille, ce sera trop tard, les jeux sont faits. On ne veut pas dire par là que Fillon est illégitime. Mais il l'emporte massivement par la grâce d'un coup tordu, dont auraient d'ailleurs profité Juppé ou Sarkozy s'ils avaient gagné, et qui rend confuses les conditions de sa victoire.

Un référendum contre Sarkozy

Tertio, cette observation amène à dénoncer une autre ambiguïté. En ouvrant la primaire à tout le monde, c'est-à-dire à la gauche, au centre, au Front national, à la droite morale, à la bourgeoisie distinguée, etc., on ouvrait un boulevard à l'élimination de Sarkozy, qui, aux yeux de tous ses ennemis, était l'objectif majeur de ce scrutin. L'affaire est faite, tant il est vrai que dès l'origine on a eu le sentiment que cette primaire n'était en fin de compte qu'un référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy.

La présidentielle apportera des débuts de réponse à toutes ces questions...

( Dans le Point.fr )

 

D'après Philippe Tesson, cette primaire "ouverte"a tourné au référendum anti-Sarkozy

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