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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 15:03

Dans un article publié ce jour sur lepoint.fr, Laurent Neumann dévoile ce que lui semble cacher la polémique la plus absurde de la primaire de la droite et du centre. Nicolas Sarkozy accuse Alain Juppé de dévoyer l'esprit de la primaire en draguant les électeurs de gauche. Une accusation qui trahit son affolement.

 

Dis-moi quelle est ta couleur politique, je te dirai si tu as le droit de voter à la primaire. Voilà sans doute la polémique la plus vide de sens du momentNicolas Sarkozy accuse Alain Juppé de haute trahison au prétexte qu'il draguerait les électeurs de gauche en les incitant à voter à la primaire de la droite et du centre. De meeting en interview, Sarkozy droitise à l'excès son discours pour séduire les électeurs de Marine Le Pen, mais Juppé, lui, endosserait le costume du traître au motif qu'il s'adresse aux repentis de la gauche ? L'un aurait le droit de convier en masse tous les déçus du lepénisme, mais Juppé, lui, prendrait la primaire en otage en attirant les cocus du hollandisme ?

L'accusation prêterait à rire si elle n'était pas révélatrice d'une réelle fébrilité du camp sarkozyste. L'entrée en campagne de leur champion devait créer un « blast », un effet de souffle propre à tout balayer. Or, six semaines plus tard, Juppé caracole toujours en tête des sondages, au premier comme au second tour de la primaire. La bulle Juppé n'a pas implosé.

D'où l'argument : si des électeurs de gauche se rendent en masse dans les 10 000 bureaux de vote de cette primaire, ils dévoieront le principe même de cette primaire. Celui qui les incite à le faire est donc un traître, coupable de « mensonge » et de « déloyauté ». CQFD.

Une autre logique

Le raisonnement est d'autant plus cocasse qu'il émane du grand théoricien de l'ouverture en 2007, débaucheur assumé de figures iconiques de la gauche (Bernard KouchnerEric Besson, Jean-Pierre Jouyet). Il est surtout risible, car, si le candidat désigné de la droite ne séduit pas en 2017 des électeurs de François Hollande de 2012, il n'a aucune chance de l'emporter. François Fillon, toujours décroché dans les sondages, ne s'y est pas trompé en rappelant à l'ancien chef de l'État que « si on est gaulliste, on considère qu'il y a un peuple français. (...) On n'a pas des hommes et des femmes qui sont génétiquement à gauche et génétiquement à droite ». Ajoutons que plus il y aura de votants, plus le vainqueur gagnera en légitimité. Ce que Nathalie Kosciusko-Morizet a résumé ainsi : « Tous ceux qui ne veulent plus de François Hollande et ne veulent pas de Marine Le Pen sont invités à la primaire. » Logique.

Cette vraie-fausse polémique masque cependant une autre logique : moins il y aura de votants, plus ils se rapprocheront du noyau dur des sympathisants Républicains, et donc plus Nicolas Sarkozy aura de chances de l'emporter. D'où la radicalisation de son propos sur les questions d'identité, d'islam ou de sécurité. Dans ce contexte, les anciens électeurs du FN sont les bienvenus, pas les anciens électeurs du PS ! Marine Le Pen l'a bien compris et elle s'en inquiète désormais à chacune de ses sorties.

Une porte de sortie ?

Les plus paranoïaques, chez ses adversaires de la primaire, craignent que Nicolas Sarkozy ne cherche ainsi à se ménager une porte de sortie en cas de défaite, notamment dans l'hypothèse d'un résultat serré, voire contesté. « Même les paranoïaques ont des ennemis », écrivait Woody Allen. Ceux-là imaginent même le discours qu'il tiendrait alors : « La primaire a été prise en otage par les électeurs de gauche. J'avais prévenu voici plusieurs semaines que je ne l'accepterais pas, je ne me sens donc pas tenu par le résultat de cette primaire : c'est pourquoi j'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle. » Un peu comme le joueur d'échecs qui, voyant qu'il est mat dans deux coups, renverse l'échiquier en disant : « J'ai gagné ! »

Le scénario semble inimaginable ? Oui, mais pas plus ou pas moins que la grande réconciliation promise au soir du deuxième tour de la primaire, entre Juppé, Sarkozy, Copé, Fillon et les autres…

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Published by le modérateur - dans infos politiques
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