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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:18

Selon les sondages de "sortie des urnes", la reprise en main de la souveraineté a été la première motivation des électeurs qui ont voté en faveur du Brexit. Ce désir existe également au sein de la population française. Comment répondre à cette demande au sein de l'Europe actuelle ? 

Le désir de souveraineté est le désir le plus normal et le plus justifié de la part des peuples ; parce que c'est l'objet même de la démocratie : l'exercice de la souveraineté du peuple. La question réelle est celle de savoir si la souveraineté peut s'exercer dans la solitude d'un état national isolé. Que pèse-t-on sur les grands problèmes du monde, si l'on est une voix solitaire ? Prenez par exemple le Moyen- Orient ? Il suffit de regarder la guerre en Irak. La division des nations européennes a conduit à une catastrophe géopolitique majeure. Bush a mené l'opération, avec les faucons. Les Européens se sont alignés, sauf la France et il faudra en reconnaître toujours le mérite à Jacques Chirac.La grande question de l'avenir est de savoir s'il y a une régulation possible du capitalisme. Il y a des forces puissantes qui s'organisent pour que l'on conclue qu'une telle régulation est impossible. Or il n'y a qu'un espace où on peut défendre l'idée d'une régulation efficace du capitalisme et si l'on obtient un consensus où on peut l'imposer, c'est l'Europe. Et cela d'autant plus que le Royaume Uni est sorti. Mais si chacun veut faire sa régulation, comme cela était le cas avant, alors nous n'avons aucune chance. Il n'y a qu'un espace qui ait la taille critique par exemple pour une monnaie qui compte dans le monde. C'est l'Europe. La gouvernance de la monnaie européenne peut apporter de l'oxygène par temps de crise, pour que les populations puissent se remettre en état de marche, pour aplanir les problèmes sociaux, et pour pouvoir reconfigurer la société, et la rendre efficace. Mais si l'on fait cela avec la Banque de France, on comptera l'insignifiance et lesdésagréments, on retrouvera les dévaluations dites compétitives. La catastrophe.Pour moi, c'est une évidence absolue, indiscutable : l'existence de l'Europe politique est dans le monde contemporain la condition même de notre souveraineté. 

Comment réconcilier l'Europe et les européens ? 

C'est une question majeure. Je rencontre beaucoup de scepticisme quand je m'exprime sur ce sujet, même parmi mes amis. Il faut que les citoyens puissent devenir partie prenante des décisions que prend l'Union européenne ! Le premier devoir de l'Union est donc d'informer exactement les citoyens européens de la préparation des décisions, du mécanisme de ces décisions, qu'ils sachent où l'on va, où l'on en est. Cela changerait tout et permettrait aux citoyens de s'organiser pour se manifester auprès des décideurs. Ce changement ne coûterait rien et réévaluerait l'Union auprès des citoyens. Une révolution aisée à conduire. Mais nous pouvons le faire avec les institutions existantes. Il ne s'agit pas de changer les traités, et l'idée de changer les traités en 6 mois est une idée d'enfant.En revanche, et en raison de l'importance actuelle de la France dans l'Union, et encore plus dans l'Europe future, le fait que le Président de la République française porte une idée, en en informe ses concitoyens, et par là-même l'ensemble des européens, peutfaire naître un véritable débat européen. Si l'on entend un dirigeant de premier plan s'exprimer, émettre une parole en phase avec le réel, et non de la langue de bois, alors cela peut changer les choses. Alors les gens pourront savoir qui prend les décisions. Alors l'importance des lobbies diminuera. Tout cela, c'est la reprise de la souveraineté.J'ai deux axiomes. L'Europe n'est pas faite pour effacer les nations. Les nations sont comme les familles, on ne les efface pas. L'Europe est faite pour les aider à se projeter dans le futur et les rassembler pour qu'elles relèvent ensemble les défis de l'avenir.Les peuples ont le droit d'être assurés de leur avenir, et ils ont le droit de savoir où on les conduit.Je pense que le Brexit a été un électrochoc pour beaucoup de Français. Cet événement peut participer à une prise de conscience en France.Permettez-moi une remarque sur cette prise de conscience : j'ai été frappé, lors du référendum britannique, du fait que 75% des jeunes ont voté pour rester en Europe. Chez les plus âgés, c'est le contraire. Quand les plus âgés votent contre les aspirations des plus jeunes, on voit se dessiner une fracture extraordinairement dangereuse. 

Comment faire pour que la France joue au sein de l'Europe le rôle qui devrait être le sien ? 

Cela dépend d'abord de la capacité du Président de la République française. Si le Président peut s'avancer devant son peuple et sur la scène européenne en traitant de l'essentiel, cela intéressera les gens, et la France sera entendue. Il est le seul chef d'État et de gouvernement qui puisse le faire. L'Allemagne, pour des raisons historiques et sociologiques ne peut pas s'ériger en leader de l'Europe, elle a donc constamment besoin d'un alter ego. Elle a habilement joué entre les deux alter egos qu'étaient la France et le Royaume Uni, ce qui lui a permis d'occuper une position de pivot. En l'absence du Royaume Uni, le Président de la République française est le seul qui puisse jouer ce rôle et parler pour son propre compte parce que notre double parenté avec l'Europe du Nord et l'Europe du sud, notre position de chaînon manquant, notre place historique, notre place au conseil de sécurité de l'ONU, nous donne cette capacité-là.Je crois aussi qu'on devrait imposer au Parlement français de se saisir des questions européennes, en amont. Non pas comme un débat formel, mais en s'engageant sur les questions traités, en donnant mandat au gouvernement. Tout cela marquerait le retour de la France. 

Le sommet de Varsovie se tient ce weekend end sur fond de jeux de guerres entre l'OTAN et la Russie. Comment répondre aux inquiétudes des pays baltes et de la Polognetout en discutant avec la Russie ? 

Il faut se concilier avec la Russie. Je vois tous les points inquiétants du côté de Poutine. Mais si l'Europe ne comprend pas qu'elle a destin commun avec la Russie, alors elle ne comprend rien. Je ne dis pas qu'il faille aller dans la fascination de Poutine, mais au moins devrions nous avoir un chemin de conciliation. Parce que le nationalisme de Poutine, lui aussi, est dans la vague de la mondialisation. Ce n'est pas autre chose qu'une réponse d'État aux troubles infinis que les Russes ont vécu depuis 30 ans. Leur refuge est le nationalisme orthodoxe.Ce qui laisse à penser sur l'immense naïveté de certains esprits du XXIe siècle. Comme pour tous ceux qui voulaient faire adhérer la Turquie à l'Europe.Concernant les pays baltes, ils sont animés pour l'essentiel par la peur de Poutine. C'est pourquoi, plutôt que d'Europe, Ils rêvent d'une OTAN qui leur paraît plus à même de s'opposer à lui. Je pense qu'il faut que l'Europe recherche un équilibre avec la Russie de Poutine sans rien céder sur ce que les Baltes craignent. Bien sûr, j'en mesure la difficulté. Poutine avait besoin de s'ancrer dans cette affirmation nationaliste et orthodoxe, j'espère qu'il ne va pas céder à la tentation d'une fuite en avant. Si l'Europe pouvait être le garant de quelque chose, plutôt que l'OTAN, je trouverais cela aussi bien.

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Published by le modérateur - dans infos politiques
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