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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:15

 Le jugement du patron du PS sur l'organisation d'un scrutin interne à la gauche ne cesse d'évoluer en fonction du contexte politique.

 

 Depuis que l'idée d'une primaire pour désigner un candidat commun à la gauche en 2017 est évoquée, Jean-Christophe Cambadélis n'a eu de cesse de faire évoluer sa position, au point de la rendre illisible. Résolument opposé au scrutin, puis ouvert à une primaire sous conditions, le premier secrétaire du PS a ensuite enterré le processus avant de revenir, ces derniers jours à une position plus conciliante… Retour sur une valse-hésitation, stratégique.

Acte 1. Refus catégorique

En novembre 2014, le secrétaire d'État Thierry Mandon est l'un des premiers au PS à plaider en faveur de l'organisation d'une primaire, qu'il juge «indispensable»pour remettre Hollande en selle et réunir la gauche autour de lui. Il est immédiatement recadré par le chef de l'État, qui juge le débat «prématuré». Jean-Christophe Camabdélis se range alors dans la roue de l'exécutif: «Il faut se concentrer sur la réussite de la fin du quinquennat et non pas sur les primaires, tranche-t-il. Dans la situation d'aujourd'hui, le candidat, c'est François Hollande». Manière de se placer dans la tradition de la Ve République, jusqu'alors jamais remise en cause, qui veut que le chef de l'Etat en exercice soit le candidat naturel de son camp à sa propre succession.

Une position qu'il tiendra jusqu'au début de l'année 2016: en janvier, Cambadélis rappelait encore: «François Hollande est le candidat naturel des socialistes» et qu'une primaire semblait «mal partie».

Acte 2. Ouverture sous conditions

Le débat est relancé en janvier par l'appel de personnalités, dont Thomas Piketty et Daniel Cohn-Bendit, en faveur d'une primaire à gauche. D'abord rétif, le patron du PS comprend l'intérêt qu'il peut y avoir à soutenir l'idée, réclamée par l'essentiel des sympathisants de gauche. «Si une primaire sans préalables et sans préjugés permet de sélectionner le meilleur candidat de la gauche, c'est une bonne idée, et il faut l'organiser», dit-il. Tout est dans le «sans préalables et sans préjugés»: le patron du PS exige une primaire à laquelle participeraient toutes les forces de gauche, qui accepteraient de se rallier à François Hollande en cas de victoire de ce dernier. Ce que refuse Jean-Luc Mélenchon, déjà engagé dans la course pour 2017. Façon habile pour Cambadélis de soutenir ouvertement le projet tout en faisant porter aux autres la responsabilité d'un échec annoncé.

Acte 3. Enterrement de première classe

Comme anticipé par Jean-Christophe Cambadélis, écologistes et communistes refusent d'envisager un ralliement à François Hollande. Ce qui permet au patron du PS de dire, le 18 avril: «La primaire a du plomb dans l'aile». Il charge le Parti communiste, qui «prend la responsabilité de la division». Pour enterrer encore un peu plus le projet, «Camba» plaide pour une candidature unique du PS à la primaire, fermant la porte à la participation de prétendants issus de l'aile gauche du parti en parallèle à celle du chef de l'Etat. Plus que sur la primaire, le patron du PS mise alors sur la Belle alliance populaire, son nouveau projet, pour réunir la gauche autour de François Hollande.

Acte 4. Des gages face à la pression

Alors que le dossier «primaire» semblait clos, Jean-Christophe Cambadélis doit désormais faire face à une double pression. De la part de l'aile gauche du PS, d'abord, qui réclame toujours une primaire, même circonscrite aux seuls socialistes. Des candidats sont déjà en piste: la sénatrice frondeuse Marie-Noëlle Lienemann vient de lancer un site pour annoncer sa candidature et préparer son projet et les proches d'Arnaud Montebourg préparent l'atterrissage de leur champion. L'autre menace vient de militants socialistes qui ont saisi la justice pour contraindre le parti à organiser une primaire, prévue dans les statuts. Le TGI de Paris rendra sa décision ce mercredi, trois jours avant le conseil national du PS qui doit se pencher sur la question de la primaire.

D'où le discours très ouvert de Jean-Christophe Cambadélis tenu ce dimanche au Grand Rendez-vous Europe 1-iTélé-Le Monde: se disant à nouveau favorable à une primaire de «toute la gauche», le patron du PS a considéré que François Hollande avait tout intérêt à y participer parce que «s'il était désigné - et il le sera - toute la gauche serait unie autour de notre candidat». Une manière pour le patron du parti de faire allégeance au chef de l'État sans froisser ceux qui, à l'intérieur du parti, continuent à réclamer une primaire.

Il retourne sa veste toujours du bon côté.

( d'après Jim Jarrassé dans le scan politque du Figaro )

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Published by le modérateur - dans infos politiques
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