Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Aimer Béthune
  • Aimer Béthune
  • : Le blog d' "Aimer Béthune" : infos diverses sur la vie béthunoise et tant d'autres choses...
  • Contact

Recherche

13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 13:01

Les pères de l'anarchisme

• Proudhon (1809-1865) se revendique anarchiste dès son premier mémoire, et développe une critique de la religion, de l’État et de la propriété qui constituent le triptyque dont l’homme doit s’émanciper. Il s’efforce de résoudre le problème économique en réalisant une critique systématique du capitalisme et du communisme.« Entre la propriété et la communauté, écrivait-il, je construirai un monde. » Il veut montrer que la propriété, c’est le vol lorsqu’elle n’est pas issue du travail, mais que la possession est nécessaire. D’autre part, les citoyens doivent pouvoir s’autoadministrer au sein d’un fédéralisme à la fois politique et économique où les décisions sont prises sous forme de démocratie directe, de bas en haut.

• Bakounine (1814-1876) va donner à l’anarchisme sa dimension révolutionnaire et insurrectionnelle, alors que Proudhon – qui souhaitait aussi parvenir à une société sans État – pensait pouvoir se passer de révolution. Antimarxiste, Bakounine ne croit pas à la conquête de l’État par la classe ouvrière. Vouloir un État, c’est déjà organiser le despotisme, et non la liberté. Bakounine préconise néanmoins la formation d’organisations secrètes orientant les révolutions spontanées et portant en germe la société future, égalitaire et libertaire. « La liberté ne peut être créée que par la liberté », en instaurant un collectivisme qui rejette tout gouvernement. Ses idées ont inspiré les « soviets » du début de la Révolution russe et les « conseils ouvriers » pendant la guerre d’Espagne.

• Kropotkine (1842-1921) va développer l’idée d’anarcho-communisme en 1880. Les collectivistes, dans la lignée des théories de Bakounine et de Proudhon, pensent que chacun doit être rémunéré selon son travail, ce qui suppose notamment pour l’ouvrier de se réapproprier entièrement la valeur de son produit. Pour Kropotkine, le travail ne pouvant être mesuré, il faut que chacun puisse consommer selon ses besoins. Cela suppose par exemple qu’une commune puisse donner à une commune plus pauvre ce qui excède ses besoins. Kropotkine se réfère à de nombreuses expériences du passé montrant la capacité de l’homme à être autonome. Il prête une attention toute particulière aux guildes et aux communes du Moyen Âge qui ont su préserver leurs libertés face aux empires et aux États naissants. Elles constituent selon lui un modèle révolutionnaire à partir duquel peut être pensée l’institution de base d’un fédéralisme libertaire.

• Stirner (1806-1856) était vu par Bakounine comme un nihiliste. N’affirmait-il pas dans son célèbre ouvrage L’Unique et sa propriété : « J’ai fondé ma cause sur rien. » ? C’est qu’il a d’abord incité à jouir de la vie avant qu’il n’en reste plus rien. Au-delà d’un simple individualisme qui sacraliserait le moi, Stirner entend tout désacraliser : le peuple, la famille, la patrie, la société, la justice sont autant d’idoles et d’illusions qui maintiennent l’individu dans la soumission. La révolution n’est pour lui qu’une piètre opération : en remplaçant un système par un autre on ne règle pas le problème le plus important, celui de l’individualité : « En somme, mon but n’étant pas de renverser ce qui est, mais de m’élever au-dessus de lui, mes intentions et mes actes n’ont rien de politique ni de social (…), ils sont égoïstes. » L’égoïste travaille pour lui-même et ne doit rien aux autres, quant à sa propriété elle devient légitime dès lors qu’il s’en empare, et si un autre égoïste la lui ravit, ce ne sera que justice : la seule loi qui vaille est la loi du moi. 

Édouard Jourdain

Les grands principes

L’anarchisme, par-delà la multiplicité de ses formes, repose toujours sur les mêmes principes. Nous pouvons les concevoir à chaque fois leur double acceptation : négative et positive.

• Le rejet de l’autorité coercitive, incarnée par l’État ou le gouvernement, appelle à la libre association ou fédération d’individus ou de groupes entre eux.

• Le rejet du capitalisme et de l’exploitation appelle à l’abolition des classes sociales par la réorganisation de la production.

• Le rejet de l’aliénation conduit au développement de l’esprit critique et antidogmatique, premier pas pour briser la servitude volontaire.

• La liberté est inséparable de l’égalité : elles se soutiennent l’une et l’autre. La liberté sans égalité est libérale, et justifie l’exploitation d’un individu par un autre, l’égalité sans liberté est autoritaire, et justifie la domination d’un groupe sur un autre. En cela l’anarchisme se veut être un dépassement à la fois du libéralisme et du marxisme.

Édouard Jourdain

 

Partager cet article

Repost 0
Published by le modérateur - dans réflexions diverses
commenter cet article

commentaires