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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 15:25

Interviewé dans le Point à propos du déni de réalité en politique, Jean Paul Mialet, psychiatre, ancien chef de clinique de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris et directeur d'enseignement à l'université Paris-5 donne son point de vue. Il analyse les affirmations du Président de la République souvent contredites par les faits et notamment les mouvements sociaux et les grèves à répétition.

Cependant, son analyse- loin de s'appliquer au seul François Hollande-, peut aussi concerner nombre de nos hommes politiques, nationaux, régionaux ou locaux.

 Quand le moi est douloureusement sollicité, il se scinde en deux parties ne communiquant pas entre elles, l’une prenant compte des désagréments de la réalité, l’autre déniant cette dernière lorsque devenue intolérable. Les deux parties demeurent antagonistes, sans formation de compromis possible. Le moi passe de l’un à l’autre de ces secteurs clivés, verrouillés, au gré des sollicitations auquel il est soumis. Une partie intègre intellectuellement les différentes composantes de la réalité, constituant ainsi un savoir, l’autre partie, usant pour ce qui nous intéresse du déni, notament chez certains politiques, se constitue à l’opposé un savoir-faire en formatant la réalité selon ses besoins.

 

Dr Psytron, psy béthunois

 

 

Le Point.fr Qu'est-ce que le déni de réalité en psychiatrie ?

Jean-Paul Mialet : Cela représente, chez une même personne, un clivage entre deux fonctionnements mentaux. D'un côté, la personne perçoit une réalité et de l'autre, elle nie ces faits, car ils sont incompatibles avec ce qu'elle a dans la tête. Le déni de réalité se retrouve chez les patients atteints de psychose, une maladie où l'on perd le sens des réalités. Disons, pour simplifier, que les psychotiques ont décidé que 2 + 2 = 5, car 4 les fait trop souffrir. Dans ces conditions, le dialogue devient difficile. Ils sont enfoncés dans un univers intérieur qui n'est pas celui des autres, ils se coupent du monde.

Les hommes politiques pratiquent-ils le déni de réalité consciemment ?

Utiliser ce terme psychiatrique reviendrait à déresponsabiliser ceux qui en sont les auteurs... L'être humain a une tendance naturelle à ignorer ce qui le dérange et à percevoir surtout que ce qui ne le dérange pas. Notre conscience est sélective. Toutefois, il n'y a pas là un déni de la réalité, mais plutôt un arrangement avec la réalité. Ce fonctionnement psychologique ordinaire devient révoltant quand l'arrangement va jusqu'à nier l'évidence chez des gens qui ont pourtant bien le sens des réalités. À un certain stade, l'arrangement peut ressembler à un déni de réalité. Mais il est surtout une forme d'insincérité plus ou moins consciente, une tricherie destinée à préserver des convictions ou des intérêts personnels. En politique, l'idéologie aveugle, un peu comme l'amour, car l'idéologue se met au service de ses idées au point de ne plus vouloir voir ce qui perturbe ses idées. Dans ce cas, le « déni de réalité » consiste à ignorer à ce qui pourrait contredire des certitudes, et à l'extrême, il peut prendre la forme de l'état hypnotique des fanatiques. Quand le « déni des réalités » est pratiqué pour des intérêts personnels, il se rapproche plutôt du mensonge. Exemple, le « je n'ai jamais eu de compte à l'étranger ! » de Cahuzac.

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Published by Dr Psytron - dans réflexions politiques
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