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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 10:47

On comprend vite la séduction que peut exercer le recours au référendum (local ou en entreprise) annoncé par François Hollande : dans un monde où un simple « clic » permet d’exprimer à tout moment son avis sur tout, où le téléphone portable devient un bulletin de vote par lequel chacun peut dire s’il aime ou pas un film, un objet, une rencontre, s’il « like » ou pas une déclaration, une émission, des idées, un programme, le vote est en passe de devenir un geste quotidien. Cette poussée de la démocratie digitale devait finir par envahir la sphère publique, le politique et l’économique, c’est chose faite. Et cette évolution inexorable n’en est qu’à ses débuts.

Mais, si elle est à l’image de l’évolution de la société toute entière vers plus de participatif, elle est aussi le résultat des blocages qui la paralyse. Dans les entreprises, le référendum est d’abord un moyen de dépasser le verrou placé par des syndicats sur une réforme qui recueille pourtant l’assentiment majoritaire du personnel. C’est jouer l’évidence collective des salariés contre la logique syndicale des apparatchiks. C’est essayer de dépasser en les ringardisant la pesanteur des syndicats et souligner combien ils sont déconnectés des aspirations de leurs mandants. Au risque, à la longue, de les délégitimer.

Cela est plus flagrant encore pour ce qui concerne les référendums du type «  Notre Dames-des-Landes » : s’en remettre à une consultation populaire pour sortir d’une crise, c’est admettre l’incapacité du politique à assumer ses choix. C’est l’arme des pouvoirs faibles, de ceux qui hésitent à trancher, qui redoutent de faire appliquer une décision de justice, qui se couchent devant les manifestations menaçantes de quelques uns au mépris du droit et de la loi. Cette banalisation de la démocratie directe est une facilité, certainement pas un progrès.

L'Opinion de Nicolas Beytout

 

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Published by le modérateur - dans réflexions politiques
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