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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 17:15

Au fil des mois, nous remontons le temps pour aller voir comment vivaient les habitants de Béthune ou des environs pendant la Première Guerre mondiale. En février 1916, le 73e RI se bat du côté de Douaumont et à Béthune, les élus gèrent le quotidien au conseil municipal.

Au cimetière, la femme du fossoyeur ne peut creuser elle-même les tombes, mais faire appel à un ouvrier lui coûte cher.

 

1. Des bombardements mais pas de victimes

C’est la bonne nouvelle en février 1916 : les bombardements des 19, 20 et 29 février n’ont fait aucune victime. Le 25, comme d’habitude « à 5 heures du soir », le conseil municipal de Béthune se réunit dans la salle des délibérations autour du maire, Pierre Rinquin. Lequel confie à ses pairs que pour le Nouvel An, il a « reçu des mobilisés, MM. Boudry, Duquesne et Lecour, un courrier où ils se rappellent à notre bon souvenir. » Au nom de tous, il leur envoie « notre chaleureux espoir de les revoir bientôt prendre leur place au sein du conseil ». M. Vantouroux, qui a eu la chance de profiter d’une permission, est passé juste avant la séance saluer ses collègues.

Autre genre de courrier, le French Relief Fund s’excuse « de son retard à expédier les vêtements promis aux habitants ».

 

2. La femme du fossoyeur

Elle s’appelle Mme Capelle et c’est l’épouse du concierge du cimetière. « Elle demande le dégrèvement de la redevance qu’elle doit verser à la Ville suivant le bail du 27 août 1912, pour la période allant du 1er juillet 1914 au 31 décembre 1915, soit 2 257 fr. » Les élus ont creusé la question, si on peut dire, pour vérifier le bien-fondé de la demande : la dame a certes reçu 459 fr pour le creusement des fosses, 437 fr pour les tombes des indigents et 910 fr pour les vacations. Problème : elle doit payer les services d’un ouvrier, à raison de 4 fr par jour, soit 2 160 fr sur la période visée, « car elle ne peut creuser le fosses elle-même ». Forcément : son mari est mobilisé « depuis la bataille de Dinant et elle en est sans nouvelles. Elle a 2 enfants en bas âge, dont un malade et en traitement à Berck ». Sa demande est acceptée.

 

3. L’hospice à la peine

Avant la guerre, l’hospice commandait 20 porcs à la fois mais les finances ne sont plus ce qu’elles étaient. On va donc acheter au fur et à mesure, et ce sera pareil pour les pansements et les médicaments. Tant qu’on y est, on augmente le prix de journée : détenus, enfants assistés du Département, évacués (1,40 fr par jour), aliénés et malades de l’assistance publique, la facture est trop salée, surtout « vu le coût actuel des denrées ».

 

4. Tiens, si on coupait des arbres ?

Un débar qui rappelle ceux actuels : M. Delvallée propose « que la commission travaux se réunisse le plus tôt possible au jardin public pour y voir s’il ne serait pas possible d’abattre quelques arbres inutiles ». Seulement voilà, M. Pignon n’est pas d’accord, qui estime «qu’au lieu de supprimer des arbres, il faudrait en remettre d’autres. » La commission ira se rendre compte.

 

5. Alerte aux taubes

M. Cayet voudrait que la population soit prévenue de l’arrivée des taubes, ces avions allemands, et « demande au maire de se mettre en rapport avec l’autorité militaire ». Le maire, lui, « croit que la sonnerie du beffroi suffirait ».

ZOOM : NŒUX CRAINT LES GAZ ASPHYXIANTS

Le 7 février 1916, les autorités anglaises font distribuer, par la municipalité, des avis quant aux mesures à prendre en cas de bombardements avec des gaz asphyxiants. Premier avis transmis à la population le 9, un autre suivra le 14 février. Le tout dans un climat rude, marqué par de violentes tempêtes, le vent et la pluie font rage – le 22, c’est la neige qui tombera à gros flocons et le 23, il commence à geler. Le samedi 19 février, la population apprend qu’en cas de bombardements par gaz asphyxiants, les deux églises serviront de refuges aux personnes ne disposant pas d’abri à leur domicile. (Source Nœux Mémoire)

ZOOM : LE 73e RI À DOUAUMONT

Tous les Béthunois connaissent le 73e Régiment d’infanterie. Il tient garnison en ville quand, le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. C’est sous les acclamations que les hommes valides de 20 à 48 ans partent le 5 août. Le 21 février 1916, Douaumont tombe. Le 73e arrive à Verdun le 23 et le 26, il est rassemblé en arrière du front à Douaumont. Une bataille dure, prélude à l’enfer de Verdun. Savez-vous qu’à Esternay, dans la Marne, une rue porte le nom du 73e RI ? Souvenir de la première bataille de la Marne, en septembre 1914, où il reprit le château et fit 500 prisonniers.

( Par Isabelle MASTIN dans la Voix du Nord du 27.02.2016 )

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Published by le modérateur - dans Histoire béthunoise
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