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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 17:34

Dans le quartier de la gare, on n’attend pas que les TGV. Depuis dix ans, les riverains guettent l’issue de l’interminable feuilleton du cinéma – qui va durer en 2016. Les commerçants le voient comme une locomotive pour redynamiser un des ex-secteurs les plus marchands de la ville. Et c’est loin d’être leur seule attente.

Le quartier de la gare a perdu de sa superbe. Le cinéma pourrait être la locomotive, espère Hamid. Photos Séverine Courbe

La Fraîcheur du soir, Hamid la connaît : tous les jours, sa boutique d’épicier-primeur éclaire le boulevard Poincaré jusqu’à une heure du matin. Hamid, ça fait dix ans qu’il a acheté, et pas par hasard. « On m’avait dit qu’un cinéma allait ouvrir près de la gare. » Ce qu’il veut dire, c’est qu’à la sortie de l’ère Mellick, l’inauguration devait compenser sans temps mort la fermeture du Sully, plus haut sur l’axe. Mais avec les changements de majorité et les remaniements du projet, le film a traîné en longueur et Hamid ose à peine encore y croire.

Il y a plus de dix ans, Hamid a acheté la Fraîcheur du soir parce qu’on lui avait dit que l’ouverture du nouveau cinéma était imminente...

 

« Faire bouger le quartier »

Alors, pendant qu’Étoile Cinémas ferraille avec CGR, il rêve aux bienfaits de ces neuf salles, là, tout près de chez lui. « Ça amènerait du monde et ça ferait bouger le quartier. » Un paquet de chips, une boisson, ça serait ça de pris pour le tiroir-caisse. Bien sûr, des deux côtés du boulevard, les maisons de maître côtoient l’insalubrité des marchands de sommeil, et les panneaux « À louer » trahissent un manque cruel d’attractivité. Mais Hamid veut voir le verre à moitié plein : « Il y a dix ans, il n’y avait que moi et un kebab ! »

Dans ses visites guidées, l’office de tourisme ressuscite une des artères les plus commerçantes de la ville. Ah oui mais ça, « c’était il y a 30 ans ! » Derrière son comptoir, Thierry Duvauchelle a des airs de piliers du quartier. Trente ans qu’il est là, trente glorieuses pour une réputation qui ne se dément pas. Derrière la vitrine qui ne paie pas de mine, sa boucherie est une institution, défilé continu d’habitués à qui rouler 20 km pour tailler une bavette ne fait pas peur. « J’ai connu l’époque où toutes les cellules commerciales étaient occupées. Et puis les gens ont pris leur retraite sans trouver de repreneurs, et Auchan est arrivé... »

 

Le cinéma, bon pour les rapports de voisinage

L’échoppe de Thierry a résisté, un de ces commerces de bouche qui vous attire le monde. Le cinéma dans tout ça, « ce n’est pas pour nous directement mais ce serait bon pour l’image, un lieu de partage. » Une cliente réagit : « Moi, je vais aux Étoiles à Bruay. Je serais contente de retourner au cinéma à pied ! »

Ça, ce serait bon pour la vie de quartier, qui à dire vrai manque de vigueur. « Il n’y a pas assez de commerces où se croiser. » Le commentaire est d’un client de Coiff Toa. Trois ans qu’il vit ici, un « casanier » assumé qui déplore tout de même que le quartier se meure, mais mise aussi sur le cinéma et les boutiques promises dans son sillage. C’est aussi l’avis du boucher : les investisseurs appellent les investisseurs. Régulièrement, « on vient me demander où en sont les projets », histoire de vérifier si ça vaut le coup de s’installer.

 

« Il faut du tertiaire »

S’installer, mais à quel prix ? Le patron de l’Art des mets soupire sur les loyers trop élevés qui ont fait fuir des voisins.

PHOTO SEVERINE COURBE LA VOIX DU NORD

Lui, ça fait quatre ans qu’il a fait le pari d’ouvrir une table raffinée dans un coin de ville bigarré où le kebab côtoie allégrement sex-shops et magasin diététique. « Je n’ai pas de regrets sur l’exploitation, mais sur le quartier. Je l’ai connu dans les années 75-80, il y avait des bars, des commerces, de la vie. C’est devenu un des quartiers de la gare les plus morts de France. » Le cinéma ? Il est pour. « Et une brasserie de plus ne serait pas une concurrence. Plus il y a de monde, plus on s’amuse ! »

ZOOM : CE QUI TIENT À CŒUR AUX RIVERAINS

Voitures-ventouses et stationnement. Le patron de l’Art des mets soupire sur ces véhicules oubliés pendant des jours. Ceux de riverains, ou « des voitures de société qu’on laisse pour le week-end dès vendredi à 15 h ». Les commerçants aspirent aussi à ce que les parkings (SERNAM, TER) promis soient opérationnels : un vrai plus, sans aucun doute.

Arrêt de bus gênants et poubelles. Le patron de l’Art des mets aussi aurait préféré que les arrêts de bus restent côté gare. En l’état, les passagers attendent sur le trottoir, les moins disciplinés s’assoient sur les devantures. Les poubelles sorties avant l’heure, ça agace aussi: pas bon pour l’image.

Un centre tertiaire. En 2010 encore, la Ville promettait un hôtel, un ciné, un centre tertiaire... Le centre tertiaire est tombé aux oubliettes, le Département s’est installé ailleurs. Dommage pour les restaurateurs qui se réjouissaient de la présence d’une clientèle potentielle le midi.

 

Marché et animations. Le retour du marché sur le boulevard Poincaré, c’est un sujet qui divise. Le primeur est pour, plusieurs de ses voisins aussi. Le boucher en revanche est résolument contre : il s’est même battu pour le faire supprimer.

« La rue était barrée, on ne voyait personne ! » En revanche, des animations auraient la cote : le quartier de la gare se sent le parent pauvre du centre-ville.

À suivre demain : les réponses du maire, un nouvel hôtel 3*... et Mega CGR qui a pris sa décision de poursuivre ou pas le combat.

( PAR ISABELLE MASTIN, PHOTOS SÉVERINE COURBE- dans la Voix du Nord )

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Published by le modérateur - dans infos béthunoises
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