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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 17:49

Après la sécurité, l’emploi ? Au bord de l’abîme, la France se remet à rêver d’une union nationale à même de dépasser nos clivages mortifères. Il aura fallu l’horreur des attentats pour que l’arsenal antiterroriste fasse consensus. Au point que la déchéance de nationalité, autrefois décrite par les socialistes comme « dangereuse et indigne, populiste et xénophobe », devienne une des clés du discours présidentiel au Congrès ! Une extrême droite aux portes du pouvoir provoquera-t-elle une prise de conscience similaire sur notre échec collectif dans la lutte contre le chômage et – enfin ! – une réplique à la hauteur ?

De fait, la cible est la bonne. Le plein-emploi priverait le FN de cette colère contre l’exclusion et la précarité, moteur de ses succès électoraux. Mieux, il réduirait la fracture sociale, desserrerait la contrainte budgétaire, redonnerait crédit au politique, reconstituerait le pacte républicain, dissiperait nos doutes identitaires… Bref, il briserait ce cercle vicieux qui fait de la France, malgré un potentiel unique, un pays dépressif hanté par son déclassement.

Sans présager du pire, il est hélas évident que le gouvernement ne s’engagera pas cette fois sur la voie des réformes audacieuses prises avec succès par d’autres. Comment imaginer, si proche de 2017, une « majorité d’idées » sur des mesures qui effraient jusqu’à l’opposition ? Notre pays n’a pas fait sa révolution culturelle sur un système éducatif machine à exclure, une formation professionnelle dévalorisée, des allocations peu incitatives, un paritarisme émollient, etc. L’assistanat payé à crédit a permis de noyer nos lâchetés avec bonne conscience. Trente ans de procrastination ont dilué les responsabilités. Le dogmatisme s’est depuis longtemps substitué au courage. Pour le plus grand malheur de générations sacrifiées sans honte.

Rémi Godeau- L'Opinion.

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commentaires

Hakim El Karoui 21/12/2015 19:05

La recomposition passe par un changement électoral et une nécessité vitale pour ceux qui la tentent : sinon, il ne s'agira jamais que d'une ouverture politique, sur le mode Sarkozy en 2007 (avec Bernard Kouchner).
Mais, quand faire ce changement ? On voit bien que sans évolution de la loi électorale, la recomposition aura peu de sens. Le seul moment d'alliance serait alors l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, quand un vainqueur se dessine mais qu'il reste encore «du grain à moudre» pour des négociations de programme et de ministères. Ou peut-être au moment des législatives qui suivront.