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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 19:30

Un choc. Un avertissement. Un tsunami. Depuis trente ans, on lit ces mêmes titres au lendemain des élections.

Et on y répond avec la même vaine dramatisation, sans que rien ne change.

A-t-on oublié les 2,2 millions de voix de Jean-Marie Le Pen en 1984 ? Ses 4,8 millions en 2002 ? Les 6,4 millions (plus que dimanche) de Marine Le Pen en 2012 ? Faut-il attendre que le FN soit à 60 %, que sa cheffe investisse l'Élysée, pour entendre les questions que nous pose l'extrême droitisation de l'électorat ?

Mais dans l'urgence de l'entre-deux-tours, comme d'habitude, c'est le sauve-qui-peut tactique.

Dans le Nord et en Paca, le PS choisit le retrait. C'est méritoire, mais aléatoire : le FN y est très haut pour qu'un artifice garantisse le résultat. Tous les électeurs de gauche, après la féroce bataille qu'ils viennent de se livrer, ne voteront pas Xavier Bertrand ou Christian Estrosi.

Dimanche soir, il n'y aura pas six Régions FN : ses réserves étant faibles, il est crédité de trois victoires.

Il n'y aura pas de France bleue : Nicolas Sarkozy, le prétendu rempart anti-FN, résiste moins bien qu'en 2010. La droite ne profite pas de la mauvaise cote de l'exécutif. Unie dès le premier tour, elle ne peut pas espérer de gains mirobolants. Son résultat va peser sur la primaire de la droite et du centre.

À gauche, le cataclysme n'est pas certain. Le PS, qui a connu bien pire dans l'histoire des régionales, résiste mieux qu'annoncé et pourrait se retrouver, grâce au retour penaud de ceux qui lui ont fait la guerre, à la tête de plus de trois Régions. Dans une triangulaire, les alliances peuvent changer la couleur de la carte de France. Les jeux ne sont pas faits.

Maison commune

Les jeux ? Justement, tout le problème est de traiter le débat public autrement que comme du show-biz. La politique politicienne ou les grandes envolées façon Valls ne sont pas une réponse.

La constance avec laquelle les Français votent FN ou ne votent pas - 50 % d'abstention, trois jeunes sur quatre qui boudent les urnes ! - montre que l'on a dépassé depuis longtemps le stade du coup de gueule. On est entré pour les uns dans la résignation, pour les autres dans l'adhésion à des idées, quoi qu'on en pense.

Le FN propose ce qu'un nombre croissant de Français pensent bon pour eux. Ce qui ne fait pas un projet. Les socialistes et les Républicains proposent ce qu'une élite pense bon pour les Français. Ce qui fait des projets rejetés. Une question fondamentale, aussi vieille qu'Athènes et Rome, est posée aux partis : la démocratie se limite-t-elle à faire ce que les électeurs les plus exaspérés attendent d'eux ?

On est dans un débat entre ceux qui attendent de la politique qu'elle les protège et ceux qui attendent plus du business que de la politique. Un débat - droite gauche ? - autour des thèmes de protection-ouverture, nation-Europe, État-marché, identité-repli, autorité-libertés.

Les alliances n'étant que des sparadraps, les partis devront faire leur révolution. Les élites et le Parlement, où le FN n'existe pas, représentent mal le pays. Les partis se soucient plus de leur survie que du bonheur des électeurs.

Face à un FN dominant, le PS et les Républicains doivent réfléchir à une recomposition. Mais pas avec ceux qui se détestent depuis trente ans. Plutôt autour d'une nouvelle génération et de valeurs partagées. Ce que Manuel Valls appelle une « maison commune ».

Michel URVOY dans ouest-france.fr

 

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Published by le modérateur - dans réflexions politiques
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