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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 16:45

L’histoire de l’immigration polonaise dans le bassin minier n’est pas lisse et monochrome. Elle a été au contraire marquée par des événements d’une brutalité inouïe. Une exposition, actuellement en préparation, se propose de mettre en lumière certains de ces épisodes.

PUBLIÉ LE 10/10/2015 - par Nord Eclair )

 

Imaginez une France frappée de plein fouet par une grave crise financière. Le gouvernement en place, très à droite, enchaîne les discours musclés désignant les étrangers responsables de la situation : ils prennent le travail des Français ; on ne veut plus d’eux ! Débarrassons-nous en et tous nos problèmes disparaîtront.

 

 

Chasse aux boucs émissaires

Cette France, c’est celle des années 30. Dans ce pays meurtri par la crise de 1929, la chasse aux boucs émissaires va bon train. Les mineurs polonais n’y échappent pas. «  Ceux qui avaient des activités syndicales ont été réellement chassés, poursuivis par les compagnies des mines  », raconte Henri Dudzinski, consul honoraire de Pologne dans la région et journaliste à La Voix du Nord. On ne parle pas ici de clandestins, mais de travailleurs que les Houillères étaient allées elles-mêmes chercher dans leur pays, des années auparavant. «  Vers 1910, il y a eu une importante émigration de travailleurs venus de Galicie, qui ont été embauchés dans les mines du Nord - Pas-de-Calais. Ensuite, au lendemain de la Première Guerre mondiale, comme la France manquait de main d’œuvre, elle a signé un traité avec la Pologne pour organiser le recrutement massif de travailleurs. Les Houillères allaient directement les démarcher dans les mines de Westphalie, pour les convaincre de venir en France  » Ce sont des dizaines, des centaines de milliers d’ouvriers polonais qui ont répondu à l’appel, et contribué à redresser la situation économique de la France. Jusqu’à la crise de 1929. Et la chasse honteuse faite aux étrangers.

 

36 heures pour faire les bagages

Quel sort leur réserve-t-on alors, à ces mineurs polonais dont le seul tort était d’être syndicalistes ? L’expulsion pure et simple du territoire français, sans recours possible. «  On leur donnait 36 heures pour faire leurs bagages et partir. On envoyait des policiers, des gendarmes, pour les escorter et vérifier qu’ils montaient bien dans les trains affrétés spécialement pour les reconduire en Pologne. Le gouvernement français a expulsé plusieurs centaines de mineurs polonais de cette façon, avec leur famille. »

 

Expulsé avec sa femme... pourtant française

Parmi eux, Edward Giriek, militant à la CGT, arrêté à Sallaumines et expulsé avec sa femme... pourtant française. «  Ces familles ne pouvaient rien emmener avec elles. Elles avaient droit à quelques kilos de bagage. De colère, certains ont préféré brûler les meubles qu’ils ne pouvaient emmener. On a appelé ça les bûchers de l’expulsion. » Quelques aînés se souviennent du choc que ces expulsions ont provoqué. «  Ma mère m’a décrit des scènes déchirantes d’adieu entre voisins. C’était vraiment terrible. » Le Front populaire, porté au pouvoir en 1936, mit fin à cette politique honteuse. Mais le mal était fait.

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Published by le modérateur - dans Infos diverses
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