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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:28

Selon Gabriel Matzneff, qui s'exprime ce matin dans lepoint.fr, une censure plus insidieuse que celle, sanglante, exercée contre "Charlie Hebdo" par les terroristes sévit en France depuis des années.

Nous sommes très nombreux à pleurer ces grands artistes qu'étaient Cabu et Wolinski, à nous indigner de l'horrible massacre du 7 janvier à la rédaction de Charlie Hebdo. Mais certaines larmes sont des larmes de crocodile, et certaines indignations sentent le moisi. Il y a en France de nombreux intellos, de nombreuses associations, de nombreux organes de presse qui, avant de pleurer et de s'indigner, seraient bien inspirés de battre leur coulpe. 

 

En effet, la liberté d'expression ne se divise pas. Le 7 janvier, plusieurs chaînes télévisées ont passé des fragments d'une interview ancienne de Charb. Une interview essentielle où celui-ci, avec raison, met dans le même sac les violences physiques et les poursuites judiciaires : le bâillon brandi de manière sans cesse plus agressive, hystérique par les gens qui haïssent la liberté et rêvent de réduire au silence les esprits libres, est un bâillon unique. Celui des terroristes est sanglant, celui des associations puritaines est rembourré de ouate, mais leur objet est le même : museler les énergumènes, les réduire au silence. 

Ce bâillon n'est pas récent. Les années d'euphorie libertaire ont pris fin en 1982, et voilà plus de trente ans qu'en France la censure bien-pensante ne cesse de se développer. Si ma mémoire est bonne, c'est en 2004 ou 2005 que Livres Hebdo publia un article fameux où Emmanuel Pierrat, avocat à la Cour, démontrait que, désormais, dans les maisons d'édition, les directeurs littéraires étaient remplacés par des juristes chargés de coucher les manuscrits sur le lit de Procuste, de convaincre les auteurs de couper tout ce qui dépasse, tout ce qui n'est pas conforme au prêt-à-porter politique, religieux, sexuel.

Nous ne nous laisserons pas museler

Le 7 novembre dernier, j'ai publié ici même une chronique intitulée "Eloge de Mai 68". Les mots que je traçai ce jour-là résonnent aujourd'hui de façon particulière. Les intellos qui condamnent l'esprit de jouissance soixante-huitard dans les mêmes termes que le faisait le maréchal Pétain en 1940, les associations pour la défense de la vertu qui poursuivent en justice les artistes libertins dans l'espoir de les faire condamner, de leur nuire, peuvent bien feindre de condamner les assassins de Wolinski et de ses camarades de Charlie Hebdo ; ils appartiennent à la même famille que ces méprisables meurtriers, la famille des inquisiteurs, des censeurs, des cafards qui prétendent nous dire ce que nous avons le droit d'aimer, de penser, d'écrire, de dessiner, et surtout ce que nous n'avons pas le droit de dessiner, d'écrire, de penser, d'aimer. 

Nous n'avons pas l'intention de nous laisser réduire au silence, de nous autocensurer. Notre devoir est de rester plus que jamais fidèles à ce que nous sommes, à nos passions, aux idées qui nous stimulent et nous emplissent d'énergie créatrice ; notre devoir est de persister et de signer. Nous ne nous laisserons museler ni par les cinglés ni par les tartuffes. Là où ils sont, et où ils ont rejoint ces autres esprits libres que furent Reiser et Cavanna,les Martyrs du 7 janvier 2015 nous le demandent. Écoutons-les ! 

Commentaire: ces censeurs, ces cafards...manipulateurs ( et ceux qui se taisaient alors qu'ils savaient! ) existent aussi dans le petit monde politique, y compris aux échelons locaux...nous les avons déjà rencontrés ! 

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Published by le modérateur - dans réflexions politiques
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