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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 09:56

Lundi, les patrons des petites et moyennes entreprises françaises (PME) défilaient dans les rues de Paris et de Toulouse pour exprimer leur révolte. « Notre économie va mal. Elle est bridée par trente années d’une politique qui a progressivement étouffé les entreprises de toutes tailles par une accumulation de charges, de contraintes, de taxes et de sanctions », a expliqué Jean-Eudes Du Mesnil du Buisson, délégué général de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), aux médias.

Le lendemain, le nouveau ministre de l’Economie Emmanuel Macron, fustigeait Pierre Gattaz, le dirigeant du Medef – syndicat qui défend, en premier lieu, les grandes entreprises – en l’accusant d’avoir fait capoter le fameux Pacte de responsabilité concocté par le président François Hollande… à l’instigation de ce même Gattaz.
Aux termes de ce pacte, chaque branche professionnelle devait engager des négociations entre représentants des salariés et des patrons, afin de prévoir les contreparties à apporter par les entreprises aux 40 milliards d’euros de baisses de charges qui leur ont été consenties. Contreparties qui auraient dû se traduire en embauches. Or, seuls deux accords de branche ont été signés pour le moment.

François Hollande s’est donc fait rouler dans la farine par le « patron des patrons » qui a obtenu ce qu’il voulait sans exécuter ses promesses.
Pourtant, il avait fait fort, le Gattaz, qui arborait fièrement son insigne affirmant que ce pacte allait créer « un million d’emplois » (voir photo). C’est ce qu’on appelle la pensée magique. Comment créer un million d’emplois grâce à un pacte de cette nature ? Les emplois arrivent quand la croissance est là. Sans croissance, vous pouvez pondre tous les pactes possibles, imaginables et même inimaginables, aucune entreprise n’embauchera.
Le plus étonnant et que le président socialiste – qui n’est pas un benêt – se soit laissé embarquer dans cette aventure qui le coupe de son électorat.

Vilipendé par les petits patrons et dupé par les grands, François Hollande ne sait décidément pas négocier avec le patronat. Il aurait pourtant pu s’inspirer de son propre programme de candidat en 2012 ! « Je ferai des PME une priorité » proclamait-il. C’est avec elles et leurs représentant qu’il aurait dû prendre langue en premier lieu et non avec le Medef de Gattaz, représentant des grosses pointures économiques dont le principal souci est d’échapper au fisc de leur pays. Car les petits patrons et les artisans ne peuvent guère, eux, s’évader dans les paradis fiscaux pour y faire bronzer leur trésorerie. Surtout, les petites boîtes et les moyennes entreprises constituent d’importants « gisements d’emplois », pour filer la pétrométaphore en honneur dans les médias.

C’est donc elles, les petites boîtes, que François Hollande et Manuel Valls aurait dû caresser dans le sens du poil, plutôt que de se lancer dans déclarations d’amour aux patrons lors des congrès du Medef.

Électoralement, c'est aussi une faute. Au MEDEF on roule pour l'UMP. Avec les petites et moyennes entreprises, beaucoup de patrons sont des centristes ou par colère, ils viennent renforcer les rangs du FN.

 

Serge HOUSSARD

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Published by le modérateur - dans réflexions diverses
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